Dans l'état extravagant d'un chaos rampant, il vient de nous être jeté en vrac à nos pieds, une imposture de gouvernement . Parce que les législatives n'ont pas encore eu lieu et qu'en conséquence aucun choix politique d'ordre gouvernemental et économique n'a pu être fait .

L'archaïsme patriarcal de type gaullien est d'un autre temps: ce transfert de père symbolique, père d'un peuple, c'est fini . Lovées, telles les sinuosités du cerveau reptilien, certaines consciences peureuses et fébriles pourraient seulement s'en convaincre. Pourtant  j'ai l'impression que la campagne des législatives qui s'annonce pourrait bien connaître quelques relents populistes.

Seule la vigueur du réveil citoyen lancé par la jeunesse nous pousse aujourd'hui à croire en la France. Et au-delà même de sa courageuse élimination de Le Pen, aujourd'hui cette France a repris conscience , pense-t-on, des exigences de sa survie et surtout du renouvellement de son système politique.

Mais derrière le sentiment d'insécurité, la défense inquiète d'une identité, la peur de l'étranger et, très vite, des poussées de racisme antiarabe et antisémite, que l'on a cru découvrir en France seulement depuis le 21 avril, c'est l'extrème droite qui monte en Europe . Et dans le monde à travers un tas de mouvements  fondamentalistes . Métastase d'un système: les Etats-Unis ont aussi une extrême droite au moins aussi puissante et dangereuse que celle de la France. Mais elle est agit surtout à travers le Parti républicain qu'elle sait pénétrer jusqu'à son centre, jusqu'au président lui-même.

Tout montre qu'il convient de façonner une mondialisation à visage humain, respectueuse des identités et de la justice. Cela doit être l'objectif central de tout pouvoir républicain permettant d'éviter la logique de guerre sociale qui nous menace.

Or tout montre le rôle positif des fonds publics investis dans l'éducation, la recherche, les infrastructures, et de la réduction des inégalités. Mais tout gouvernement développe une stratégie de marketing de baisse d'impôts visant à séduire une classe moyenne-supérieure réputée centriste mais dont la "pensée unique" est complètement soumise au grand capitalisme international. et donc susceptible d'emporter la décision dans un duel gauche-droite.  C'est deux trajectoires sont parfaitement contradictoires .

Tout montre non seulement que les repères économiques, sociaux et culturels bougent à grande vitesse,  causant nombre d'exclus divers et variés , mais qu'aussi tout le principe de l'échange, l'échange en tant que reconnaissance de l'autre, de l'altérité se retrouve aussi jeté par dessus bord.

L'échange, en tant que structure fondamentale de l'existence, cette loi inconsciente qui a dicté à tout endroit du monde et en tout temps sa stricte application comme fondement primordial de toute société humaine, ce principe de réciprocité qui se fait réellement avec le temps, en prenant le temps. L'échange, cette valeur de communication, échange de biens  ou de paroles, de confiances et de temps, c'est fondamental . Il était communautaire et fait d'entre-aide. C'était le don contre le don. Dans les villages comme dans les cités ouvrières. Et en cas de coups durs, c'est ce qu'on appelait la solidarité. Mais c'est devenu périmé. Désuet. Impossible !

Devenir le centre, un temps, des occupations des autres qui nous ignorent: c'est l'objectif que se sont donc assignés les exclus de ce nouveau monde, ici les sauvageons et les électeurs du FN ! . Comme une stratégie de marketing souterraine qui vise à rappeler à une classe moyenne-supérieure réputée centriste mais dont la "pensée unique" est complètement soumise au grand capitalisme international, qu'ils existent encore. Encore...

La vigueur du réveil citoyen lancé par la jeunesse est condamnée à entrer en guerre intellectuelle pour des visions radicalement nouvelles et audacieuses, reprendre goût et passion pour les théories, qui pourraient nous faire découvrir un nouvel ordre du monde. Parce que franchement, question recyclage cette campagne présidentielle nous a ramené à la surface quelques belles vieilles ordures nauséabondes qu'on aurait tous souhaitées enfouies depuis 1945 .

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