Sarkozy et les pauvres de l'abbé...Pour réduire la délinquance, pas de mendiants , pas de prostituées , pas d'exclus de la société dans les rues ...Il faut les cacher ... Alors, c'est l'abbé Pierre , numéro 1 de l'audimat des personnalités qui , plus que la gauche, monte à la charge contre ce projet de loi Sarkozien . Les médias, qui aiment habituellement, audimat oblige, inviter ces personnalités du "Top popularité" des français , en ce moment, hésitent à filmer ou interviewer le "numéro 1" l'abbé Pierre : pourquoi ? Peut-être parce que Sarkozy est lui le "number one" de la popularité journalistique...comme Raffarin des sondages . Alors que Diogène, Diogène Laërce le philosophe illustre et d'humeur vagabonde qui ne vendait rien et qui était pauvre, prenait le soleil, Alexandre (le Grand) survint qui lui dit : « Demande-moi ce que tu veux ». Et lui de répondre : « Cesse de me faire de l'ombre ». Et quand un jour, on lui a demandé ce qu'il y a de plus beau au monde, Diogène répondit : « Le franc-parler ». Son objectif : dégonfler la baudruche toujours renaissante de la vanité humaine. De nos jours, y a du boulot ! Faut dire qu’en plus, si Socrate par exemple, était considéré comme le « taon de la cité » qui piquait les puissants et leurs préjugés, qui piquait les citoyens et les puissants en flagrant délit d’incohérence, au risque de subir l’opprobre ou la mort, comme beaucoup d’autres, se distingue notre ministre de l’éducation nationale. Acuité, ressenti, intelligence dans la perception, bref tout ce qui développe la pensée , entre autres de Diogène le Chien, est aussi ce qui distingue l’abbé Pierre d’un homme politique . C'est l'abbé Pierre qui s'est rendu dans un camp de Roms de Choisy-le-Roi pour combattre le projet de loi sur la sécurité du ministre de l'Intérieur. Une façon pour lui de «témoigner sa solidarité» avec les populations visées par ce texte : mendiants, gens du voyage, sans-papiers, exclus. Vêtu de sa cape et de son légendaire béret, il a lâché ses phrases d'une voix à peine audible. «La première sécurité que se doit d'assurer un ministre de l'Intérieur, c'est la sécurité des faibles, de ceux qui n'ont pas de moyen de se protéger», a-t-il déclaré. Façon de dire que le texte défendu par le ministre risque de renforcer la précarité de ceux qui n'ont déjà pas grand-chose. Début octobre déjà, l'abbé Pierre avait averti : «Il faut faire la guerre à la pauvreté et non aux pauvres», mais n'avait guère été entendu.
Voulant réécrire la loi Sarkozy à sa manière en partant du principe que la pauvreté n'est pas un choix mais une situation subie, l'amendement que veut présenter l’abbé stipule que «nul ne peut être poursuivi pour avoir mendié, cherché un abri dans un logement ou un terrain non occupé, s'il ne lui a été proposé un moyen digne de subsistance ou de logement». Particulièrement visées : les municipalités qui refusent de construire ou d'attribuer des logements sociaux aux familles en détresse ou les collectivités qui refusent d'aménager des terrains d'accueil. L'abbé Pierre a ensuite entrepris une visite du bidonville, où vivent une trentaine de familles roumaines représentant 160 personnes, dont une quarantaine d'enfants en bas âge. Avant de pester parce que la commune n'a aménagé ni fosse septique ni sanitaires. «Il faudrait montrer ça aux politiques et leur demander : et si c'étaient vos enfants qui vivaient là ?» A une femme qui lui présente son bébé, il affirme que «dès qu'un enfant vient à naître, il a droit à un morceau de terre». En ce qui concerne ceux, rares, qui ont opté la rude ascèse volontaire qui oblige à supporter l’inconfort, à éliminer tout ce qui est superflu, pour dénoncer les artifices et les faux-semblants, traits communs de l’abbé Pierre et des philosophes cyniques vers IVe-IIIe s. av. J.-C., à Athènes, tels que Diogène qui mendiait dans l’indifférence générale. Faut dire qu’en éructant contre tout, contre les lois, les mœurs, les ambitions misérables, les vies perdues, la veulerie générale, l’insolence ne paie pas . Trop dangereux, trop menaçant pour les Athéniens ! Diogène était l’élève d’Antisthène. Avant eux, Empédocle, Démocrite, Héraclite, Pythagore en Italie du Sud, Thalès, Cratès connu pour ses comportements provocants, qui disait avoir pour patrie la mauvaise réputation et la pauvreté dont la fortune ne peut s’emparer, et d’Hipparchia, une femme philosophe qui voulut l’épouser et vivre avec lui en adoptant le vêtement et les manières, qui s’unirent donc devant la Cité, se laissant aller à faire assez sauvagement l’amour dans la rue, au stade, sur l’agora, là où le désir les trouvait, c’est-à-dire partout, etc … Tous vivaient le plus proche de la nature, comme les chiens, d’où leur nom : les cyniques !. Avec le temps, le cynisme a pris une connotation péjorative de mépris et de dénigrement d'autrui . Faux : dans le cynisme philosophique, l'ironie n'a qu'un seul but : dégonfler la baudruche …Ils sont astronomes, mathématiciens, fondateurs de cités nouvelles, etc... Leur point commun : essayer, expérimenter, afin de surmonter ce qui attache, de laisser enfin ce qui retarde. En tentant d’inventer les voies pour y parvenir, il leur arrive de trébucher. Ou de s’égarer. C’est normal . Mais tous fondèrent des écoles, ou eurent des élèves, et leur influence à marquer l’Antiquité . C’était bien avant que les chrétiens ne fassent entrer l’histoire dans une autre époque. Et ouais … Avec éthique, style et humour ,… à la Montaigne qui les avait lu tous. Alors aujourd’hui qui partage ainsi le goût , le sens de la beauté, une vision du monde mêlée d’un sens mystérieux et inexplicable, le tout accompagné d’une semblable détonation poétique ? Pas Luc Ferry, « l’excellent » préfacier de Kant qui considère que « pour les gamins, Loft Story a été une sorte de cours d’éducation amoureuse diffusée en direct », chez lequel Jean-Pierre Raffarin, créateur entre autres, des centres de détention pour mineurs, avoue volontiers « butiner » quelques idées. Plus sûrement le cinéaste finlandais Aki Kaurismaki qui parle dans son dernier film d'un sans-abri se situe dans la belle lignée philosophique. L'Homme sans passé , le film en question qui est à l’affiche, narre justement, et cela tombe bien, à la manière de Montaigne, de la résurrection d'un inconnu à partir d’une fable à la puissance polémique pour affirmer, armé d'un humour radical, que la reddition n'est pas inéluctable devant l'infamie du monde. Lire la critique du Monde et l’entretien qui va avec ; lire la critique de Libé et l'entretien qui va avec .
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