Ce qu'il faut se dire à propos du grillon, c'est que c'est un insecte sauteur ! "Petit insecte sauteur, à ailes antérieures durcies (élytres) et à longues antennes filiformes, connu pour son chant." dit l'encyclopédie...Faut savoir aussi qu'il y a le grillon des champs mais aussi le grillon des villes, plus petit, jaune clair et tacheté de brun, qui affectionnent les fournils de boulangerie, les cheminées et..."aujourd'hui le métro" dit encore l'encyclopédie qui connaît tout... On s'en frotte les ailes dira-t-on, oui! une rangée de dents ( l'archet !) gratte et gratte et gratte sur la mandoline...Les grillons qui sont des champions , ont une caisse de résonance sur le ventre et leur tympan se situe sur leur tibia. Depuis que je le sais, la douce mélodie du grillon, quand je vais faire le gros baiser-pour-la-nuit à mon âne, m'évoque un chambard monstre d'ailes et de pattes en action, tout ce petit monde en une symphonie orchestrale, archets et tambours en une cadence infernale pour séduire dans la nuit et la luzerne leurs belles grillonnes noires. Les débats en assemblées générales, la circulation des informations, les forums de discussions permanents sont autant d'expériences qui peuvent contribuer à consolider les actions, à les structurer, à les rendre efficaces et à favoriser l'émergence de pratiques politiques nouvelles. C'est vrai, j'en témoigne, le mouvement contre Raffarin devient de plus en plus vivant. Mais le soir venu, de retour au bercail, être surpris par un concert de grillons, c'est pas rien non plus. Et j'en témoigne aussi. Le midi, choisissez-vous une rive de rivière que jamais vous n'auriez pensé un jour y venir pour vous y étendre en mangeant une pomme, paisiblement. Ou choisissez-vous un sous-bois d'espace vert...Et là encore, il s'agit d'ouvrir large ses écoutilles, pour qu' un chambard faunistique se révèle. Le chambard, ré-apprenons-le. Ré-apprenons à chanter en manif, à sauter, à marcher aussi. Ré-apprenons le mouvement, le mouvement collectif...A confectionner des pancartes, des banderoles, des slogans marrants. L'imagination drôle, l'invention de figures. Avec des bouteilles et des bidons pour des expérimentations sonores et visuelles. A crier avec des dizaines de milliers d'autres, "et hop! Raffarin plus haut que ton copain Juppé..", comme dans une symphonie de grillons sauteurs, de merles moqueurs, de ragondins malins... Pour ceux qui ne connaissent pas encore: allez-y. Pour les autres, ben forcément, hein, allez-y aussi. A partir du 3 juin, dans la rue, et le vacarme, ce sera chaud, chaud...Alors là, si le vacarme est à la mesure de la tradition libertaire du mouvement social attaché au réel, il y aurait un "nous", un "nous" ouvert. Celui proche d'une loi transhistorique: les gens subversifs sont des gens en porte-à-faux, qui sont entre deux statuts, qui sont mal dans leur peau parce qu'ils sont mal dans leur position. Si pour le dire vite, face à eux, les forces dominantes sont aujourd'hui terribles, parce qu'économiquement elles ont atteint un degré de concentration sans précédent et qu'à cette concentration du capital économique s'ajoute la concentration du capital culturel qui leur permet d'avoir des effets symboliques terribles (il y a des mobilisations formidables de lobbies et d'agences de presse), les gens dans la rue rappellent et se rappellent à eux-mêmes qu'il y a des luttes partout, qu'il y a des petites révolutions partout. Et qu'il serait bon de faire de cette symphonie orchestrale présente, une caisse de résonance solide, agissant en donnant à comprendre tout en décloisonnant !
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