Mots d’ordre du journal télévisé : jeunes des banlieues, brûlez ! Après on parlera de vous . Un peu . Pour l’instant, pour protéger les richesses, les blanchiments d’argent sale, les étonnants paradis fiscaux, les licenciements secs, brûlez vos quartiers , ça fait diversion .  Par la télé et les infos, s’adressent les mots d’ordre : brûlez les bagnoles des pauvres ! Comme pieuvres propulsant un nuage d’encre pour se barrer en douce, y a pas mieux pour que Monsieur Propre Pasqua se présente…A 20 heures, devant ta télé quand tu manges ta soupe et t’entends çà, tu penses aussi sec à toutes ses casseroles qui lui sont accrochées à la queue ! Mais quand t’entends ce qui suit, c’est à dire qu’on pique les bagnoles partout et qu’on viole les femmes partout, y a pas mieux pour blanchir les pieuvres, leurs ventouses et tentacules, et autres chiens,  comme ces pitt-bulls de l’Assemblée Nationale à l’évocation du pourcentage de l’insécurité . Les Debré et consorts, combien d’entre eux s’en sont foutus plein les poches ? La délinquance ça fait diversion et ça recycle ! Déjà c’est chiant la soupe de légumes…
Sommes-nous un peuple amnésique quand on revoit ces pantins. Quelle arrogance de leur part ? Pour qui nous prennent-ils, nous qui savons toutes leurs magouilles, abjections et mépris ?
Lors de la mise en examen de Daniel Bouton, PDG de la Société générale et mécano présumé d’une opération de blanchiment, Fabius, Balladur et le Medef lui sont venus en soutien, tandis que lui-même adressait à ses clients, pour se blanchir, un émouvant plaidoyer . Dans la bruyante expression des indignations sur l’insécurité, il ne fut nullement question, cette fois, de « tolérance zéro » . Il ne fut nullement question non plus de puanteur . Mais il existe un principe prépondérant. Ce principe est que les puissants et les privilégiés doivent pouvoir faire ce qu’ils veulent (au nom, bien sûr, de nobles buts). Son corollaire est que la souveraineté et les droits démocratiques des gens doivent disparaître.

Simultanément, un autre recensement, celui des SDF, plus de 86 000 dont 16 000 enfants sans-abris en France. Sais-tu qu’ils sont chassés des centre-villes pour faire propre. Et pour les Présidentielles, après Le ballet des limousines noires dans la cour de l'Elysée, rediffusé en boucle à la télé, de nouvelles surenchères sont à craindre…Déjà l’attitude se rompt, on change de posture devant l’obstacle. Lorsqu’ils décèdent, les SDF sont acheminés au décomposoir, à la fosse commune, sans nom et avec interdiction de fleurir .16 000 enfants qui n’existent pas, alors qu’est-ce qu’ils vont faire ces gosses ? Représentation de l’échec, ces 86 000 misérables qui meurent de froid et  se nourrissent dans les poubelles, serviront à faire élire le Président et  la cohorte de députés ; une représentation qui sert déjà depuis longtemps de repoussoir au reste de la société qui contraint celui-ci de fermer sa gueule à l’usine ou au bureau. Mais cette représentation de l’échec n’altère en rien les indices boursiers ; c’est bien le problème !
Les SDF, c’est autant de citoyens exclus de toute représentativité, sans droit de vote faute de logements et d’une véritable adresse . Et même si certains d’entre eux travaillent, leur salaire tellement minimum rend inaccessible toute possibilité de logement. Sans toit tu ne vote pas ! Alors qu’une fiche de paie c’est bien la preuve d’une participation/implication dans la société, et bien non elle n’est pas reconnue ; seule compte la feuille de loyer . Egalité, Fraternité…qu’en pensent aussi les autres: les précaires, les démunis, les sans-papiers ? A supposer que la différence de voix entre nos deux candidats prochains soit aussi ténue que lors de l’élection suprême de Bush Junior…

 Indignité . Et immense solitude de chacun . Dis, Victor, c’est quand le Moyen Age ?

 

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