"moi" . N°251 Alors que 2006 s'écoule, je vous fais part d'un de mes derniers étonnements. Puisque les choses commencent avec l'étonnement et finissent avec lui. Pris d'insomnie la nuit dernière -à quelques heures d'une consultation avec mon dermato suite à des problèmes de boursouflures au visage- je saisis un livre sur les étagères, au hasard la main tombe sur celui de Fernando Savater Sur l'art de vivre. Je l'ouvre par la moitié et pointe en bas de page ceci: "Quel est en effet le mystère que nous pressentons à l'intérieur de chaque homme si ce n'est la capacité énigmatique du sublime et de l'atroce? N'y a-t-il pas au fond de chacun de nous plusieurs "moi" prêts à bondir, dont l'un aurait décidé de rompre le vieux pacte qui nous sépare des fauves? Le détective avance alors au milieu du brouillard vers un terrible visage inconnu dont nous savons seulement qu'il nous ressemble. C'est pourquoi nous sommes pris de frisson délicieux quand nous sentons une main ferme qui nous entraîne et que nous entendons une voix qui nous chuchote à l'oreille:"Allez, Watson, l'aventure commence!". Je remonte douze pages avant pour connaître le titre du chapitre: "Roman à détective et conscience morale (essai de poé-éthique). Titre suivi de ce poème: "Je pense à tout cela quand je ne puis [dormir,/ La nuit, quand le vent semble une voix [qui témoigne,/ Quand on entend le pas de quelqu'un [qui s'éloigne. Victor Hugo, Pensées de nuit." Cet étonnement m'apparaît de circonstance. Car au fond le "moi" que nous étions en 2006 s'éloigne pour laisser place dans quelques sauts d'aiguilles des secondes à cet autre "moi" de 2007. Frémissons d'avance à l'énigme existentielle. La Bête apparaîtra-t-elle? N'aie pas peur. A ce propos, alors que l'Etat voudrait favoriser l'automédication en 2007, voici la leçon tirée de ma consultation matinale: éviter de vous tartouiller le visage avec des bousées d'huiles dites "essentielles", sans quoi gare à la poussée d'eczéma, l'image du "moi" passe alors au rouge écarlate sur une peau à la dérive aux écailles d'argent, et à la démangeaison assurée. Comme un feu passe au rouge! En découle, en un premier temps une gnak exécrable, cherchant à me cacher, puis en un second temps un traitement "cavalerie lourde" comme le dit mon dermato, à base de corticoïde grâce auquel ma peau est redevenue immaculée. Une nouvelle avait remplacé l'ancienne, "C'est comme si c'était pas le même, on ne le reconnaît pas" m'a-t-on dit dans mon entourage proche, ce qui m'a cloué le bec immédiatement! Bon, joyeuse fête de fin d'année à toutes et tous! D.D |
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