E Tel est le fondement de l’existence humaine selon Spinoza : connaître et connaître pour connaître. La raison en est toujours la même : ce qui pousse à actualiser nos pensées, nous pousse parallèlement à actualiser notre corps. Pour lui, l’homme ignore sa nature : c’est le cas de la plupart d’entre nous. Personne ne naît raisonnable et peu de gens le deviennent. C'est intéressant Spinoza, c'est joyeux aussi, bien qu'écrit et pensé en moitié de 17ème . Il doit beaucoup à Giordano Bruno (1548-1600), ce panthéiste condamné à mort et brûlé vif pour hérésie qui lui inspira son idée de la Nature à la fois infinie et une. Si les messages menteurs par essence qui asservissent le gogo floué à son statut d'oie en cours de gavage, si boire jusqu'à la lie le calice de notre propre manipulation, si, à la différence des gens qui savent (et qui cherche à connaître et à agir ), vous préférez la posture des ignorants qui se laissent agir par les causes extérieures, celles véhiculées par les techniques de ruse du marketing, mises sur orbite planétaire par le discours publicitaire de manipulation de masse, avec son bombardement télévisuel quotidien; si à votre insu s'imprègne en vos pores et neurones, le totalitarisme de la marchandise et son dieu Pub, alors vous sembleront combien lointaines les activités de production, de commercialisation, de recherche ou d'éducation en matière de civilisation alimentaire et de sauvegarde de la biodiversité animale, végétale ou alimentaire. Comme ce qui promeut le bien manger et le bien vivre, la défense du droit au plaisir, la sauvegarde des saveurs, et de la mise en valeur de la production agro-alimentaire artisanale et de variété de légumes et de fruits qui risque de disparaître à jamais. Ce qui doit nous permettre de réaliser notre nature même et nous permettre la joie, joie qui résulte de la réalisation de notre nature permise par la connaissance de la nature, est à rechercher, à connaître, dit Spinoza. . Il poursuit à peu près en ces termes: par là même nous allons rechercher ce qui est joyeux, ce qui est un premier pas vers la conscience de ce que nous sommes car, puisque nous cherchons à réaliser notre désir de nous connaître, nous recherchons ce qui est joyeux. Et bien, si le combat de la Confédération paysanne, de José Bové, de René Riesel, et autres, se positionne précisément à un point précis de l'histoire de l'humanité, du rapport marchand et politique, de l'hégémonie mondiale d'un modèle de consommation et d'arrogance particulier, l'initiative joyeuse et hédoniste de Slow Food, réseau fondé par des Italiens pas comme les autres, Slow Food étant un mouvement culturel, éducatif, scientifique et de solidarité, s'oppose aux effets dégradants de l'industrie et de la culture de la fast food qui standardisent les goûts. Lire l'article du Monde. Mais ce n'est pas tout. La technique marketing, le message totalitaire marchand, la frime de la modernité, le grand bluff généralisé, la pression publicitaire de masse, ont, entre autres, fabriqué une opinion publique, puis maintenant fabriquent des écoles modernes avec de l'architecture de parade-sécuritaire-Big Brother, et dans le même mouvement, retirent les coins jeux des classes de petits...Pas de jeu gratuit, seule l'intention d'adulte compte, pas de moment libre sans adulte à guider. Comment ces enfants là passeront-ils leur journée, encasernés ainsi dès la Maternelle? Qu'éprouveront-ils corporellement ? Plus d'exploration, ni de découverte sans le maître des lieux? Tout jeune dans un monde de vieux. Pas de petits animaux non plus comme copains de classe: l'allergie au poil fait des ravages, probablement...On va dans quel monde si les jeux et la fréquentation des poissons rouges, des hamsters qui tournent la roue, ou des lapins affectueux, leur sont supprimés? Le rôle du jeu gratuit, en laissant dériver son imaginaire, sa socialisation, sa création partagée, librement, c'est terminé. Son temps est révolu. Passons au chose sérieuse, n'est-ce pas? "Pour l'épanouissement scolaire des élèves, bien sûr!, n'est-ce pas ? Respect des programmes oblige ! " C'est de la biodiversité humaine qui disparaît dans le même temps. Faut savoir, la vie ça peut sentir la joie. Et ouais...La vie ça peut sentir mauvais, la vie, ça sent le fromage au lait cru, le lait de chamelle, de chèvre et de vache, par exemple. La vie ça peut sentir aussi la pollinisation, la récolte et l'utilisation de la vanille. Mais c'est fini tout çà, se disent les défaits. Mieux vaut le virtuel, pour les élites. Et pour la masse , du Rmi et du foot comme du pain et des jeux autrefois. La cible ? le consommateur. L'objet ? Satisfaire l'actionnaire et les fonds de pension. Le moyen? le spot et le slogan. L'objectif ? le toujours plus . La conséquence? l'asservissement généralisé . Alors, et alors ? C'est par où qu'on commence pour cesser d'être plaintif ? Et bien, c'est d'abord par cultiver... l'amitié ! Sans quoi, après avoir vécu égoïstement, chacun restera seul point final. Car le dieu Pub n'encourage pas l'amitié .
|
![]()