25. N°238 "25 ans des radios FM". La région Bretagne favorise la création radiophonique. Depuis perpette, vingt sept radios associatives arrosent la Bretagne. C'est la région la plus arrosée...aussi en radios d'un tel type. Pourtant si diverses soient-elles, entendez qu'il n'en existe pas deux pareilles, bref, des expériences de singularité. Une aventure humaine. Pour soutenir ces têtus à la tête dure, et au plaisir toujours vif, la Région Bretagne a créé un Fonds de soutien doté de 200 000 euros. Au delà des bonnes intentions qui ne coûtent jamais rien, il contribuera ici à la création et à la diffusion de contenus éditoriaux diversifiés. Nous étions ainsi conviés par Jean-Yves Le Drian en personne, Président du Conseil régional, et de Sylvie Robert sa vice-présidente chargée de la culture, à marquer le coup officiellement et sceller l'intérêt que manifeste aujourd'hui la Région à notre égard. Réponse appropriée de l'institution qui, pour nous, fut la fête sur les Champs Libres à Rennes, ce jeudi 21. La fête? Oui, parce qu'après tant d'aventures présentes à vos oreilles -et d'aléas en tout genre, cela va sans dire-, il s'agit là d'une reconnaissance. De "reconnaissance" dont nous nous sommes ici souciés comme d'une guigne, parce qu'en France on ne recompense qu'un militantisme, celui des lobbys. En effet durant ces 25 ans, la FM fut plus de terrain de chasse, et de profit de sombres réseaux nationaux de radios soupes, arrogants, voraces et prédateurs que d'une douce émancipation d'embarcations libres, démocratiques, créatives et autonomes, dont on conteste toujours la légitimité au nom du principe de la course à l'audience. Médiocrité. Tout de même une question. Pour quelles raisons aujourd'hui intéresse-t-on l'institution régionale? Parce que sa couleur politique la porte naturellement vers un effort d'animation à la vie démocratique. Par d'autres convictions fortes aussi:"Pour que s'exprime la bretonnitude" dit le Président; parce qu'il s'agit là de technologies de l'esprit, "Pour contrer le formatage des esprits par les grands médias de masse(...)" me dit Sylvie Robert dont le point de vue m'a rappelé celui du philosophe Bernard Stiegler. Je me borne à citer ce qui pose l'enjeu social-historique. Et je souscrits à l'ensemble sans retenue. Puis quelques mots en aparté pour s'insurger contre le copier-coller des festivals bretons inféodés aux majors et autres industriels du show-biz. Du prêt à consommer, de la grande surface...Et si chaque été en Bretagne, ces festivals sont inondés de fric gagné sans but, ni objectif, ni projet, ni aide à la création régionale, cela n'empêche pas leurs organisateurs sans scrupules à solliciter l'ouverture des caisses à subventions publiques. Je m'arrête. Reprenons. Pour en revenir à ces 25 ans, pas deux pareilles ces radios, dis-je. Pas question donc pour moi de parler en leur nom. Et d'ailleurs entre parenthèses, que dire en cinq sec de ces 25 ans? Dans un souffle, deux mots pour caractériser notre station qui s'est bâtie patiemment: son libre et gratuité. D'un bout à l'autre. Je ferme la parenthèse. Reprenons. Pour finir de commenter cette journée faisons maintenant un pas de plus. Retour aux Champs Libres. Pour célébrer cet anniversaire nous étions conviés à la visite guidée de ce nouvel espace culturel rennais. Le clou de la visite, en groupe comme entre collègues, fut pour moi, le nez en l'air, au planétarium d'assister à la présentation de notre univers, ou plutôt de sa mythologie. De la mythologie grecque qui tourne autour des dieux antiques: Zeus, Artémis, Athéna, Poséidon, etc...qui entretiennent des relations éternellement à couteaux tirés, en bisbille, en prise de bec, entre chien et loup pour le moins. S'inventant sans cesse des personnages nouveaux, beaux, héroïques, ou fourbes...D'où ces représentations figurées: La Grande Ourse, le Chariot, Orion, etc...En fait tout l'imaginaire antique! L'histoire, un conte à dormir de bout, celui des dieux qui se chamaillent sur fond intergalactique comme explication du cosmos s'est révélée tout compte fait une belle leçon de non-domination par autrui. La mythologie grecque, la nôtre, ainsi encore, nous montre que l'univers n'est pas régenté par un personnage unique. Bref, le début de la démocratie? L'imagination. Un conte poétique à la base. Pour preuve, à la Grande Ourse Jim Harrison s'y est intéressé de près dans un poème du même nom. Extrait: "Dans la mythologie grecque, Callisto, une nymphe était la fille de Lycaon, un roi d'Arcadie. Zeus l'aperçut alors qu'elle chassait en compagnie d'Artémis et il s'en éprit. Héra talonnée par la jalousie, changea la jeune fille en ourse après qu'elle eut donné naissance à un fils, Arcas. L'enfant grandit, devint un homme, et un jour qu'il participait à une chasse, la déesse dirigea Callisto vers l'endroit où il se trouvait, dans l'espoir de lui voir décocher une flèche à sa mère, (en toute ignorance bien entendu). Mais Zeus enleva l'ourse et la plaça parmi les étoiles. Plus tard, son fils Arcas vint l'y rejoindre. Ils prirent respectivement les noms de grande ourse et de petite ourse. Les anglais l'appelle la charrue, les USA, la grande cuillère et les scandinaves le wagon de Charles...nous, on se croit poétique avec la grande ourse mais moult de nos concitoyens disent la grande casserole !". Question qui d'un coup me taquine sauvagement: qu'appelle-t-on technologie de l'esprit? D.D |
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