Semez et plantez des fleurs, des arbres, des légumes, des plantes, devenons tous des jardiniers de la planète. Il faut seulement un peu de temps mais le temps n'est rien . Parce que leur existence est signification. Toute signification renvoie à un nombre indéfini d'autres significations. Chacun incarne une création . Est-ce une façon d'investir la société ? Sans doute . Si la vérité, la liberté, l'égalité, la justice ne pouvaient pas être objet "d'investissement", elles ne seraient pas apparues et n'auraient pas survécues dans l'histoire. Mais le fait est qu'elles ont toujours été liées aussi à autre chose: à l'idée d'une "bonne vie" . Qu'il me soit toutefois permis de poser mon outil pour cette chronique . Cette chronique, son seul but : être un peu plus conscient. Saisir quelques bribes, avancer de quelques pas . Et avancer de quelques pas, cela m’a permis de rester complètement béat devant le spectacle du hallo de la lune dimanche soir . Un cercle immense . D’un rayon considérable, jamais vu . Je ne sais à quoi cela est dû, mais si quelqu’un peut m’informer ... Toute possibilité de souffler comme de revenir en arrière m' étant retirée, ce vagabondage forcé en cette chronique me donne l'illusion de couvrir des distances et d'avancer du même pas que la passion qui me conduit là où je trouverai peut-être ce qu'à défaut de chercher j'avais longtemps attendu, mais quoi au juste je n'en sais rien, et c'est de mon ignorance de la fin poursuivie que je tire la force de persévérer sur une voie qui en vaut bien une autre, même si elle semble destinée à faire trébucher plus qu'à être parcourue. Chroniquer m'apparaît comme une mission d'explorateur d'une terre inconnue, un explorateur qui met autant d'énergie à en affronter les périls qu'à en reculer les limites: une nature encore brute me stimule plutôt qu'elle m'arrête. Il faut donc aller son chemin jusqu'aux bornes extrêmes de l'endurance, quitte à en oublier entre-temps où mène son chemin sur lequel, passé le point de non-retour, on marque le pas comme si la destination était atteinte. C'est le moment d'aller tout droit jusqu'au but, mais où est le but, quel est-il ? S'il faut chroniquer comme s'il faut marcher au hasard sans rien voir devant soi, autant déclarer forfait en renonçant une fois pour toutes à ce qui ne conduit qu'à faire apparaître plus infranchissables les limites dans lesquelles on étouffe . Une mystérieuse fusion s'opère ainsi entre le doute et la certitude qui les fait s'annuler l'un l'autre, laissant l'esprit momentanément comme figé sur place. Mais paradoxalement, le mouvement se prouve en marchant. Pour en avoir assez d'être incarcéré dans sa tête à s'y entendre tenir sans relâche le même langage; pour en avoir assez de se retrouver captif, enchaîné à ce sempiternel discours; pour en avoir assez de se situer dans un labyrinthe où tout tourne en rond à la recherche d'une introuvable sortie, il en faut peu, un simple regard de côté à la fenêtre, pour éclaircir l'horizon en prenant subitement conscience qu'aux premières chaleurs de printemps une bonne bouffée d'air frais est beaucoup plus profitable que quoi que soit . Car pendant ce temps l’oiseau philosophe , ou le rouge-gorge fier de son territoire sur lequel je réside, ou le merle moqueur qui m’accompagnent d’un bon pas comme Jules, mon âne , qui sont avec moi dans ce monde, m’apparaissent plus sensibles à la lune, quelle soit pleine ou non, qu’à ce qui fait l’information des hommes . On avance ensemble pourtant . Avec les arbres et les plantes... J’imagine ces fins observateurs, s’ils pouvaient me communiquer leur pensée, me dire : « Devrons-nous tous boire de l’eau en bouteille ? » Ah ! question terrible . Et sur le territoire que je partage avec le rouge-gorge et autres individus ébouriffés à plumes ou à quatre pattes, pour qui je ne passe pas inaperçu, penser de pas à pas que vous êtes là à cet instant une image, une multitude d’images minuscules, que vous y êtes comme filmés la tête en bas sur toutes ces rétines de rouge-gorges, de vipères terrées que vous ignorez, sur beaucoup, beaucoup, et beaucoup d'autres rétines que vous ne voyez pas : c'est çà aussi le monde . Voilà je reste confient
: « Une hirondelle FAIT le printemps, c’est quasiment sûr.
" Pour plus d'infos sur l'
Etat de la planète : http://www.delaplanete.org/ Réalisé
en collaboration avec World Watch, ce magazine en ligne
- et en français - a pour but de vous faire partager les
travaux de chercheurs chevronnés sur le long
chemin à parcourir vers des sociétés pourvues
d'économies durables. L'abonnement est gratuit. Lire aussi le papier de Jacques Testart .
|
![]()