Pris dans une conversation contradictoire à propos de radio et de NTIC, je tiens à vous en faire part : la radio, tout le monde l’entend, c’est accessible à tous ; la NTIC et le Net c’est pas pour demain. Une radio, on sait à quoi ça sert, la NTIC et le Net : mystère ? De loin la radio est plébiscitée et l’emporte sur la NTIC et le Net qui symbolise l’univers impersonnel, froid, inhumain et ennuyeux .  La radio c’est familier, ça parle « chiens écrasés », jeu et dédicaces, ou …univers musicaux d’accompagnement d’existences isolées, le Net c’est l’ordinateur. A l’ordinateur, c’est pas demain que tout le monde s’y mettra, et d’ailleurs pour quel usage familier et quotidien ? C’est pas tous les jours qu’on cherche un renseignement …De plus, comme c’est un outil de travail obligatoire, on tient à s’en libérer dans nos temps libres . Bon, le débat est ouvert .


Pourtant le multimédia me semble aussi un média potentiellement libre et indépendant , conçu comme une technologie communicante remplissant de multiples missions d’information, d’échanges, de rencontres, de création, d’édition, pouvant être utilisées dans des démarches d’écriture comme dans des stratégies de diffusion . Bref, ayant vécu  en tant que fondateur de radio dite libre, la liberté d’émettre en 1981, le développement de l’usage des nouvelles technologies (NTIC) ne m’apparaît pas moins aussi  prometteur que cette liberté donnée aux radios libres . Bien sûr il existe le business et l’e-business . Mais c’est justement ce qui distingue ce secteur d’un autre, c’est le plantage de l’e-business car personne ne sait ce que veulent les gens , ce qu’ils attendent du Net . Même si de l’e-business on s’en fout ici, après 4 ans d’investissement  plus ou moins direct dans cette nouvelle forme de communication,  nous nous interrogeons encore . Mais si l’on n’attend pas l’inattendu, on ne le trouvera pas, car il est difficile à trouver . La flamme du soleil restera la plus brillante et la plus chaude, le Net heureusement n’y changera rien . . .

Car côté écriture, si ça peut être bon ou mauvais, comme tout ; ça peut aussi se lire et s’écrire à n’importe quelle vitesse . A son texte, l’on peut avoir un rapport organologique, en connaissant la résistance et l’inertie de son matériau, en repérant au fil de la frappe sur le clavier, les mots qui freinent et ceux qui font avancer. Au bout des doigts, il y a un jeu d’arrêts, de reprises, de vitesse, de compression . Sans rentrer dans un premier temps dans un réseau de sens, une cohérence , d’abord il est bon de saisir sa propre divagation d’esprit, puis tisser ou tricoter . De la même façon que faire de la musique probablement. Nourrir des échappées, tout en se gardant de la dérive . Et puis il y a ces conversations sur les chats, endroits uniques pour échanger entre passionnés …Et puis ces newsletters qui nous tiennent informées …Mais qu’en dirait Victor Hugo ?

Victor Hugo aujourd’hui serait lynché par Jean Louis Debré et consorts . Alors que dans le 20h de David Poujadas, dans le cadre de la commémoration des comédiens lisent des extraits des textes du grand visionnaire, jamais sur France 2 n’ont autant été entendus les hurlements à la mort d’un présentateur . En fait, c’est à se demander si Pierre Arditi était entendu citant Hugo sur la peine de mort. Car le décalage est tel entre Hugo et Pujadas, qu’on peut imaginer aisément un nouvel exil d’ Hugo à Guernesey de nos jours...


La peine de mort, si elle a été abolie en Europe, c’est parce que notre société n’en ressentait plus l’UTILITE. Son effet dissuasif ne se révélait pas statistiquement indispensable. Et il suffit de quelques turbulences sociales pour que certains songent à la rétablir, comme à Toulouse dimanche dernier lors du grand meeting de la droite, après celui de Pasqua. Mais il n’y a jamais eu de vrais discours abolitionniste qui aille au-delà des termes d’exemplarité ou d’utilité et qui s’appuie enfin sur un DROIT A LA VIE, purement…Seul le grand Victor le dit encore, et l’a fait dire par Arditi ce jour dans le journal télévisé d’une grande chaîne publique.

En fait, cet écrivain est un tel continent que chacun peut y puiser pour sa chapelle : ainsi  Pujadas préfère le côté monnaie unique européenne du grand visionnaire . Lionel Jospin venu célébrer, à Besançon, la naissance du poète a jugé  Hugo sous l’angle " un sens aigu des lenteurs obligées de l'action politique, une évaluation raisonnée du souhaitable et du possible ". Nous ici, nous aimons plutôt cet Hugo-là : " Je ne suis pas de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde... mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. "

 

Chroniques