" Chirac en prison, Socrate à la maison !" . Socrate est en prison depuis le 22 juin, date de mon anniversaire pour lequel mes amis m'avaient adressé chaleureusement une carte postale de Redon sur laquelle ils avaient proposé à François Lefour et José Bové lui-même de signer, avec de sa part ce petit mot "Pour donner envie de continuer le combat ! ". Or depuis le 22 juin au matin, c'est en cellule suite à une attaque héliportée ciblée, que Socrate continue le combat. Mais sans être encore libre, il respire toujours la liberté le père Socrate. La démesure de son arrestation, rentrera dans l'Histoire. Socrate conduit par deux agents débonnaires en 4 L Renault bleu horizon, les képis glissés sur la nuque, le chef à l'arrière, déambulant par monts et par vaux vers la maison d'arrêt, de sa ferme de Potensac à Villeneuve-lès-Maguelonne, chaloupant dans les virages, n'aurait pas eu la même signification. Ni le même impact. Pourtant, s'il s'agit de le gracier dans moins d'un mois, comme l'indique la presse, la 4 L aurait été plus économique. Même l'Estafette bien qu'elle consomme. Même avec la gendarmette bien qu'elle énerve. Donc, je ne crois pas que sera libéré celui à qui les événements donnent raison, celui qui éclaire, qui apporte la lumière aux gens. Sortir un commando en gilet pare-balles avec hélicoptère par cette chaleur du matin, c'est pour s'en prendre à ce qui éclaire. D'accord, un signal démesuré, voire mondial !, devait être adressé dans deux directions: et d'un, donner une leçon au mouvement social quelques heures après le chahut de Corse, qui aura obligé nos chanteurs gouvernementaux assiègés de prononcer leurs vagissements perchés comme des nains sur des sièges de jardin; et de deux, donner un nouveau gage à Bush. La preuve, lundi soir, à l'occasion d'une conférence sur la biotech, organisée par les semanciers américains, Bush a enfoncé le clou sur le registre du bien et du mal, en repartant à l'attaque de l'Europe au sujet des OGM. L'intervention devait être attendue et le Chirac-hors la loi avec assurance-vie judiciaire qui, aujourd'hui face aux américains, se fait plus caniche que caniche jouant à la baballe avec pompon qui ballote, âme lâche qui croyait devoir effacer vite fait un point noir, une tache, ou une verrue diplomatiquement embarrassante...Je suppose, je suppose...Je divague, je divague. Mais avec tous ces événements qui s'enchaînent avec rapidité, cela devient un sacré "tournez manège" permanent. Aucun appel ou sommation, c'est aussi le cas de syndicalistes nordistes, traités eux aussi, comme des bandits de grand chemin, menottés dans le dos devant femme et enfants dès 7 h du matin, alors qu'ils auraient pu être entendus sur simple convocation. "Délit de solidarité" suivie d'une comparution dans le cas du vol Paris-Bamako et "Délit de fréquenter les migrants", suivie d'une possible saisie des biens dans le cas d'hébergement de sans-papiers comme à Sangatte, la répression sociale avec ses menaces qui grondent accompagne la dérive libérale des pouvoirs publics. Les yeux malades redoutent le soleil et les oiseaux de nuit fuient l'éclat du jour.
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