Locales. N°204 En vadrouillant sur l'internet, je suis tombé sur cette histoire peu banale. Le bizarre est que j'ai ainsi des nouvelles inattendues de Daniel Thénadey, un ami de trente ans. Et le connaissant pétri de douceur et de réserve, cette histoire m'apparaît d'autant inimaginable. S'il est un peu tard pour voler à son secours vu la date de ces faits et gestes, l'affaire m'apparaît cependant assez sérieuse pour qu'on en parle même tardivement. Que Daniel reçoive le témoignage de ma sympathie. D'un ami l'autre, voici ce lien vers le coup de colère (lire subventions et lettre au conseil général) de mon ami Jean Lecorvoisier à l'égard de ces radios bretonnes qui se voient dotées de bourses bien coquettes. Que Jean reçoive à son tour le témoignage de ma sympathie, et de mon soutien. De manière différente mais assez analogue, voilà deux illustrations, parmi une infinité d'autres, de cette ambiguïté qui jette un doute, voire un trouble sur "la réalité culturelle bretonne". Comme le dit Lucrèce: "le masque est arraché, la réalité demeure". Encore faut-il, évidemment, que demeure quelque chose. "Le réel est peut-être la somme des apparences, des images et des fantômes qui en suggèrent fallacieusement l'existence." (Clément Rosset - Fantasmagories). Mon érudition sur ces questions étant quasi nulle, je vais puiser chez Fernando Savater sa conception: "la culture est l'ensemble de réponses symboliques et techniques que possède une communauté humaine pour interprêter, apprécier et mettre en application sa circonstance vitale." Savater est ce philosophe espagnol connu pour ses prises de position et son action déterminée contre le mouvement terroriste basque ETA, qui le menace de mort. Bien sûr, la Bretagne même fantasmatique n'est pas l'Euskadi. Prendre la mesure des choses est essentielle, mais ce que dit Savater a une portée universelle. Donc locale. Bien logiquement si le financement de ces radios dites "bretonnes" sous ses divers déguisements -"Pour une politique culturelle et sportive au service de tous"!-, était reconduit chaque année d'autant cela constituerait là une décision politique fâcheuse, lourde de sens, d'une insensée démesure et de mépris du droit. Car ainsi cela reviendrait à dire que l'ensemble des autres radios associatives de Bretagne non-uniformes n'exprime rien de leur communauté humaine dans sa circonstance vitale, et qu'il convient en conséquence de les discriminer par leur exclusion de tout financement public régional au seul prétexte illusoire qu'elles ne parlent pas breton. D.D |
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