"Ce-sur-quoi..."                                                                             N°267

Les raisons de ne pas décolérer. Ce sur quoi aurait pu porter cette chronique si elle fut rédigée lundi soir. Bon, je vous épargne la valse des pourcentages avec commentaires à l'appui, disons qu'en l'attente d'un barrage civique contre le psychopathe c'est pas terrible l'avenir.

La rage, ce lundi. J'observe la carte des scores électoraux des communes de la zone de diffusion à laquelle nous offrons bénévolement en toute gratuité un programme musical reconnu de qualité, un peu de douceur et de couleur dans son paysage, en évitant depuis 25 ans coûte que coûte la dépendance, la bêtise, le curé défroqué, le vulgaire et la pub; type vision "artisanale" des choses, tous seuls dans notre coin. Et bien côté bilan donc c'est pas fameux! C'est à se demander si ces petites choses libres et généreuses comme la nôtre ont encore un sens commun quand une majorité servile de français veut un maître qui gouverne par la peur, et se le fabrique jour après jour. Tranche ainsi sur la scène champêtre ce plaisir gratuit opposé à tous ces plaisirs d'esclaves qui suivent le besoin, la fatigue et la peine. Alors à quoi bon la radio? Mais je ne suis nihiliste ni en éthique, ni en politique, ni en esthétique, etc...Ainsi si Pyrrhon, le philosophe du nihilisme, "à la question "à quoi bon la vie?", il répond: à vivre heureux. La voie courte pour parvenir au bonheur est, selon lui, l'indifférence." (Marcel Conche), je ne me sens quant à moi ni nihiliste ni indifférent, pour preuve: à quoi bon la radio? je réponds: à vivre heureux justement dans de pareille situation.

Ce sur quoi aurait pu porter la chronique mardi soir. La situation à l'issue de ce premier tour m'apparaît pire qu'en avril 2001 qui, au fil de l'eau, passera pour un gag électoral! Ou un modèle pour un futur président. Ce en quoi Le Pen était le dépositaire répulsif s'est dilué dans le restant d'une droite version Sarko devenue gluante et brune dont le petit candidat monarque bien qu'énigmatique, trouble et brutal, joue placé. Alors je croise les doigts...gdfgfjdfgjgh...bon, je décroise les doigts parce que sur le clavier, c'est pas facile! Si Joe Dalton passe président c'est au mini 5 années noires qui nous attendent au soir du 6 mai, alors je recroise les doigts:...jfdjhfhfzehfzfr.

La rage, ce mardi, car encore ces images en tête. Celles de dimanche soir dans la voiture noire avec les gestes et aspirations viriles de la moderne bourgeoisie malpropre reproduisant la crapulerie de la pègre, cette vulgarité, des conduites de dégoût; puis celles du journal de 20 h où j'entends que le Bush tricolore, je ne sais où, a fait un éloge prononcé de Jeanne d'Arc...nausée.

Ce sur quoi aurait pu porter la chronique mercredi soir. Devant le remue-ménage de l'entre-deux et le cercle de la parole vide de la "doxa" -"La doxa est un point de vue particulier, le point de vue des dominants, qui se présente et s'impose comme point de vue universel; le point de vue de ceux qui dominent en dominant l'Etat et qui ont constitué leur point de vue en point de vue universel en faisant l'Etat." (Pierre Bourdieu), à quelques jours du débat décisif entre les deux cinquantenaires au carrefour des incertitudes, cette chronique ne pouvait manquer le point de vue opportun d'un sage octogénaire, Edgar Morin, qui pense relationnellement l'univers en mouvement avec le goût infini de la République.

D.D

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