Rentrée.                                                                                        N°233

Nos auditeurs auront noté l'apparition sur l'antenne de flashs d'information produits par RFI. C'est nouveau, tout beau, c'est du jamais vu chez nous. Tant d'attention à l'information serait-elle nouvelle? Oui compte tenu que nous n'en diffusions pas, volontairement, nous tenant bien à l'écart de la masse d'information (sélective) qui circule. Comme si nous boudions l'information générale.

Car écrasé par ce flux apparemment, on retrouve constamment la manifestation d'une impuissance d'agir sur le cours des choses. Par conséquent nous étions restés à l'écart. Dans nos bois. Ou sur des trajectoires parallèles. Où nous aurions pu librement partager l'idée de Clément Rosset: "Le silence du monde est probablement la source principales de l'angoisse face au donné dont dérivent les constructions les constructions morales, et il n'est guère d'interprétations intellectuelles don't le besoin le plus urgent, encore que souvent caché, ne soit de réanimer, de sonoriser, cet oppressant et universel silence."

Mais à l'inverse il nous est apparu aujourd'hui tonique que Radio Univers écoute l'univers. Considérant que le regard que nous posons sur la réalité doit être instruit, et sachant par ailleurs qu'en nous et hors de nous, rien n'est fixe, immobile, durable, il convient de se garder de sombrer dans le relativisme et le septicisme par trop de cocooning musical, cette attitude consistant à se trouver si bien chez soi... tout enfermé dans son univers-bulle (et d'univers-bulle infinis se formant à l'intérieur d'autres univers-bulle infinis, tous séparés par leur vitesse d'expansion).

En même temps, à travers l'info, ce qui se révèle, c'est un devenir créatif. Collectif. De devenirs possibles. A condition d'en faire usage avec mesure. Alors comme une bonne partie de l'information est une information de commentaire, nous diffuserons seulement des flashs. Ils apporteront du rythme, un renouveau extrêmement stimulant à nos programmes. Il le fallait.

Etre en rapport avec les mutations du monde. Parce qu'il est de plus en plus difficile de faire un journalisme indépendant et décalé, bref citoyen, rediffuser RFI, radio planétaire, est un moindre mal car il faut se rendre à l'évidence les radios libres n'ont pas ré-inventé le journalisme.

D'autant que RFI est la station qu'écoute notre ami Victor Nzuzi, paysan engagé du Bas-Congo dont il est possible de suivre ensemble les élections. Même chose à l'égard de nos amis Malgaches toujours très attentifs à ce qui se passe ici, alors que vu d'ici on ignore tout de leur existence -une parenthèse: la visite d'une expo de photos montée à l'initiative de RFI dans la gare centrale désaffectée de la capitale Antanarivo m'a permis ainsi de constater combien un pays sans transport en commun public est dans la dèche totale-. Ou bien encore avec nos amis Roumains francophones plus au courant que moi de l'actualité française. Ils auraient pu être du Liban ou de Palestine. Ou dans l'Alentéjo. Donc dans ce qui nous rattache, il y a RFI.

Par les temps qui courent qui n'épargnent ni la politique, ni le savoir ni les peuples quand Bush junior évoque Dieu pour justifier la mission qu'il s'est fixée sur la planète et sa doctrine de la division du monde entre "eux et nous", il paraît temps de sortir de sous la couette. Ou de nos bois. Pour une éducation populaire...(mutuelle). A ce propos, lire la conférence de Monique Chemillier-Gendreau: Villandraut, 19 août 2006. 29e Hestejada de las arts.

Voilà pour notre grille des programmes de rentrée.

 D.D  

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