Média local indépendant.

Allez une année supplémentaire vient de s'ajouter à la radio. Le 24 juillet 1981, étaient ainsi déposés officiellement nos statuts de radio libre et indépendante. Depuis ce jour, ce foyer de résistance insiste et persiste. Et sa mise en onde véritable viendra le 28 février 1983.

A l'époque nous pensions que la pensée et la contestation ne pouvaient exister que dans un devenir où il ne s'agissait pas d'opposer des idées à des pratiques, mais des pratiques à des pratiques. Et le caractère nouveau de ce type d'expériences de radios libres, associatives, ne résidait pas dans un autre modéle de média local d'information, mais dans le foisonnement du multiple. Le fait d'être locales était de puiser précisément leur force d'être non pas régionales, mais singulières; et c'est "dans cette singularité que surgit leur universalité concrète opposée à l'universalité abstraite du spectacle centralisé." ( phrase notée lors d'une réunion de cette époque ).

Mais déjà depuis l'été 1974 s'éditait un petit journal de presse dite "parallèle", dite encore de "contre-information", qui se dénommait L'Harassoire. Ce journal paraîtra durant plus de cinq ans. Singulier est resté ce titre qui signifie une poêle trouée avec laquelle se font sauter les châtaignes que l'on grille sur le feu. Et qui donc évoquait la cambrousse.

D'où en est plus ou moins directement issu ce projet au nom déclaré: radio chantepleure. Singulier est resté aussi ce nom qui signifie une clé de barrique qui en couinant quand on la tourne, chante, et pleure quand son contenu s'en échappe.

Tout renvoyait ainsi à la cambrousse, dans laquelle nous sommes restés comme vous le constatez, même si le nom de la radio est devenu au fil de l'eau, tout naturellement, radio Univers fm. Mais ce sont surtout - et avant tout - une subjectivité.

Alors qu'en dire aujourd'hui ? La liberté est tout entière dans l'expérience de liberté elle-même, au moment où elle se fait: "L'efficacité de l'acte réside dans l'acte" dit Plotin.

Libre ainsi est-elle restée, avec de la musique qui n'est pas celle des super-marchés. Avec des vies qui construisent qui se racontent et non ces journaux d'infos qui peuplent les médias :'"Il y a un non-savoir très grand dans notre société, qui est rempli par l'information, ce qui trompe le monde. Les gens sont très informés, mais l'information n'est pas un savoir. Au contraire, l'information écrase les gens sous sa masse, elle reste comme un spectacle effrayant, elle nous plonge dans l'impuissance " dit Miguel Benasayag philosophe et psychanalyste.

Le monde se questionne depuis des expériences qui s'agencent avec lui, dans leurs réussites, leurs échecs, leurs tâtonnements. Des exemples.

Ce singulier acte d'émettre librement depuis une génération de sa cambrousse natale nous remplit chaque jour d'une joie toujours plus radicale, fidèle à ce principe de résistance: l'insistance à ne pas céder sur l'impossible !

Résister c'est construire des millions de pratiques, de noyaux de résistance qui ne se laissent pas piéger par ce que le monde virtuel appelle "le sérieux" .

D.D.

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