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Expresso. N°369 Tout ça aurait pu ne pas être, mais ça n’a pas été le cas! Venue en politique à travers les associations de parents d’élèves, notre nouvelle équipe d’élus communaux fraîchement débarquée sans expérience municipale d’aucune sorte, héritait en juin 95 du dossier du lycée public de Combourg. Dossier éminemment politique puisque la décision de construire ce lycée dit de pays, dont la pertinence fut fort discutée à l’époque, venait d’être votée par le Conseil Régional de Bretagne suite à une longue décennie de mobilisation des parents d’élèves, enseignants et population, qui en multipliant les actions sont allés le réclamer puis l’arracher auprès des institutions politiques régionales. Votée en mai peu avant les municipales, cette décision aurait dû être un cadeau en or pour la réélection du maire en place. Mais contrairement à toute logique, notre équipe gagna. En criant au vol et à l’usurpation, le mauvais vaincu perdant ses nerfs, démissionna immédiatement avec fracas de son nouveau siège de conseiller en déroute. Et du coup, tout contact technique au sujet de ce projet de lycée entre le Conseil Régional et la Mairie de Combourg, fut stoppé net. Ordre politique donné aux services chargés des équipements et constructions scolaires de la Région: interdiction de tout contact entre les agents de ces services et la Ville de Combourg, rétention totale des données techniques afin que ce projet n’aboutisse jamais. La cité, ses passions et ses combats. Et tout l'attirail de représailles juridico-politiques: d’une part, ce qui relève du minable, arguant qu'ailleurs il aurait été mieux placé, un nouveau lieu d’implantation sur une autre commune fut négocié par ceux-ci qui visaient à torpiller sa réalisation à Combourg alors que ce lieu-ci avait été acté officiellement; d’autre part, ce qui finalement nous a servi pour mieux positionner le lycée, un réel blocage juridique du foncier empêcha la ville d’acquérir les terrains d’emprise de l’établissement. Le tout combiné à nombreuses attaques violentes et mensongères dans la presse locale. L’orchestration fut presque parfaite. Qui étaient à la manoeuvre? Les responsables politiques régionaux de l’époque : pour le RPR (le député Jacob en tête) et pour le CDS (le Président du Conseil Général en personne, Méhaignerie). Mais au premier rang desquels figurait l’ancien député de la circonscription de Saint-Malo, et ami personnel du maire évincé: Yvon Bourges «Eminent serviteur de l'Etat ». Au premier rang oui, cela va sans dire, considérant sa responsabilité pleine et entière en tant que Président du Conseil Régional en exercice chargé de faire respecter et d’exécuter la décision de son assemblée délibérante. Rien ne filtrait de cette nébuleuse. Pas un bruit, pas une réponse. Donc comme nous n'en savions rien, nous étions en attente. Ne le cachons pas, il y a eu là perte du sens civique chez nos édiles, et façon d'agir proprement scandaleuse. Au nom de l’arbitraire et de préjugés idéologiques revanchards. Cependant tout dispositif a une faille à un moment donné. Et finalement, car les fuites ça existe, nous avons appris à un moment clé ce que nous n'aurions dû jamais savoir: « On a tout bloqué ! Il ne se fera pas à Combourg ! » Dans l’irrespect total à l’égard des élus régionaux et locaux de la République, peut-aller plus loin ? Nous nous sommes donc débrouillés seuls. Allant jusqu’à arpenter par nous-même, au pas - l’urbanisme se fait en marchant - l’emprise d’établissements semblables (à Bain de Bretagne et Montfort) comme en y observant le trafic du ramassage par cars scolaires, afin de connaître la superficie nécessaire. Puis en optant dans l’urgence pour une proposition inattendue et majeure d’un point de vue urbanistique : que son architecture soit un repère visuel fort dans un lieu significatif. Lieu (ancien stade municipal) qui, indiscutablement, tient de nos jours de l’évidence mais qui à l’époque n’était envisageable qu’à la condition de sortir des sentiers battus. Intuition. Ou moment de réflexion salutaire dessinant un scénario possible pour le futur, tout en déjouant le plus finement possible, avec précaution, attaques, chausse-trappes et coups tordus des adversaires aux tendances autoritaires. Appelons-ça moment de créativité. L’établissement, baptisé depuis "François-René de Chateaubriand", fut donc bien construit à Combourg dans des temps raisonnables, et sa montée en puissance en terme de fréquentation par les lycéens s’est accomplie sans aucune difficulté. De nouveaux travaux d’extension sont aujourd’hui en cours d’étude. Réussite indéniable. Quelques regrets en ce qui nous concerne : après cette âpre bataille, entre autres, notre équipe ne fut pas reconduite pour le mandat suivant. Les raisons? D’une part, parce que la droite conservatrice et revancharde, marquée par son échec, s’était mobilisée de plus belle afin de nous faire payer cher cet outrage; d’autre part, en raison du manque de motivation de nos troupes qui, une fois ce lycée façonné et opérationnel, se sont démobilisées, voire relâchées car trop confiantes, provoquant une césure fatale entre équipe municipale et population. Comment ignorer ça quand ici et là l'hommage est rendu à « l’homme d’Etat » ? Le hasard m’a permis il y a 8 ans de ça, soit 6 ans après ces péripéties, de le croiser. Nous prenions l’un et l’autre l’expresso (café) du matin, en gare de Rennes. S’étant salués sans se connaître, en repli l’un et l’autre de l’action d’intérêt public je me suis alors permis de lui donner quelques petites nouvelles du lycée de Combourg, combien il est bien là où il est, et combien nous en étions fiers compte tenu des difficultés rencontrées pour le mettre en place. Façon de lui rappeler que nous n’avions rien oublier des vacheries. Quoique dédramatisées, bien qu’elles débordent de loin les querelles anecdotiques. Puis il me parla alors de son mal de dos car mal couché chez sa fille qui réside à Lyon d’où il revenait, mais comme il n’osait pas lui faire de la peine, il ne lui en avait rien dit. D.D |
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