De Spinoza: "Nous sentons que nous sommes éternels, en vérité nous avons conscience de l'éternité dans notre âme, mais nous la confondons avec la durée que nous devons à l'imagination ou à la mémoire."

Si tu te sens non un morceau de caoutchouc gonflé à l'eau, mais de la nature, partie intégrante de celle-ci, celle-ci vivante en toi, l'un des éléments de la toute-présente nature, rien de trop, rien de moins, t'en déduits quoi ? T'en déduis qu'il y a de l'éternité chez toi.

Nous ne vivons jamais dans le passé ni dans le futur, mais seulement dans le présent, sans jamais changer de présent, le présent étant le seul temps disponible, le seul temps réel. Il ne cesse de durer, de continuer, de se perpétuer. Si nous vivons quelque part, c'est vraiment dans le présent. Hier, aujourd'hui, demain, cela ne veut rien dire. Pourquoi cette frontière, cette limite administrative qui délimite, compartimente, cloisonne, sépare. Dans la nature, il n'y a pas d'hier, pas de demain, puisqu'il n'y a pas de barrière, de passage à niveau, de portique, pour passer d'un temps à l'autre, comme cela se fait sans y penser dans nos têtes de tous les jours. Ce qu'en dit Spinoza ? "pour déterminer la durée nous la comparons à la durée des choses qui ont un mouvement invariable et déterminé, et cette comparaison s'appelle le temps. Ainsi  le temps n'est pas une affection des choses, mais seulement un simple mode de penser ou, comme nous l'avons dit déjà, un être de raison: c'est un mode de penser servant à l'explication de la durée". Laquelle durée, est définie par Spinoza comme "une continuation de l'existence".

Il y a des présents, que des présents et depuis le début du monde c'est le présent. Tout comme il y a 300 000 ans. Point. Le reste est une histoire d'hommes, une invention d'hommes, une illusion qui par le simulacre d'un changement de jour nous donne une assise à nos vies de caoutchouc . Se donner des heures, des jours et des semaines, ça donne des points de repère à l'existence, mais qui n'a pour but que de nous donner l'impression de maîtriser les choses, de les comprendre selon tel ou tel emballage, tel ou tel package comme il se dit.

Le présent, c'est une action en train de s'accomplir, l'action au présent, c'est à dire l'action. C'est pourquoi seul convient aucun renoncement à l'action, au combat, à l'effort, ni à se désintéresser aux conséquences de ses actes. L'acte est présent et c'est de lui que nous sommes responsables. Vivons dans le "participe présent". Le présent est toujours changeant, c'est toujours aujourd'hui, mais jamais le même.

Jamais nous ne logeons dans le passé, pas plus dans le futur, mais dans le présent oui. Le temps c'est le présent. Le présent étant ouvert, comme un passage sur d'autres présents. Mouvement, changement, devenir.,

Alors pourquoi, s'il n'y a que du présent, se préoccuper des retraites, et de la sécurité sociale, par exemple?. Et de combattre pour. Parce que justement nous vivons dans le temps, non dans l'instant. Parce que notre présent dure, et pour qu'il dure. Parce que sans notre action, ici et maintenant, de nous c'est notre présent qui en sera affecté.

Si le temps est éternel, puisqu'il est toujours présent, comme il y a 300 000 ans, c'est par notre action pour le maintien du système de contribution sociale et solidaire présent que nous aidons les retraites et la sécu nécessaires à bien vivre, pour tous, le présent .

Allez tous à Paris dimanche, pour ne pas avoir à penser et à vivre pour économiser, selon ses moyens et chacun pour sa gueule, pour plus tard, en prévision du futur de quand on sera en retraite, et de quand on sera malade.

e

 Chroniques