Chanson.                                                                               N°287

«A quoi sert-il, a-t-il demandé, d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ?» Voilà ce qu'a déclaré Sarkozy devant le rassemblement d'été du patronat français. Qu'un président en vienne à mettre sur le même plan le fait de dénoncer à un gouvernement traître un juif qui se cache, ou à la Gestapo une personne en résistance aux occupants, et la prise en considération par l'administration républicaine de renseignements qui lui parviennent sur des contribuables malhonnêtes qui ne risquent ni la torture ni l'envoi dans un camp d'extermination, était impensable. Et bien c'est fait! C'est grave. Pourtant c'est passé inaperçu, ça ce n'est pas neutre.

Et ce discours-là décliné en divers thèmes, se déverse du matin au soir, quelque soit l'endroit, l'occasion, ou le média.

Voilà qui est dit; ça donne des idées noires. Ah! mettons-nous donc une chanson. Manque la musique. Mais comme ce n'est pas tous les jours qu'un jeune collègue me passe le texte d'une chanson qu'il fredonne tous ces beaux matins-ci, autant la chanter à plusieurs par ces temps de grands délires présidentiels:

"Plus de flics aux carrefours de nos doutes,

Plus de week-ends pour baliser nos routes

Qui nous conduisent aux prairies dépolluées

Où l'on se couche dans les doux soirs d'été.

Refrain:

On a beau fouiller les quatre horizons

Rien n'est plus poétique que l'autogestion.

(Couplet):

Il n'y aura plus d'conneries à la radio

Rien que des idées, rien que du nouveau

Connaissances et plaisirs seront mêlés

Y a des speakers qui devront changer d'métier.

Refrain...

(Dernier couplet):

En attendant on trime tous comme des cons

Chacun fermé pour cause de production

On crève d'ennui entre deux élections

On crève de faim d'l'autre côté d'l'horizon

Rien n'est plus poétique que l'autogestion!

 

Puis mon jeune collègue revient le lendemain et me passe le (couplet oublié):

On verra les derniers hommes politiques

Faire leurs discours aux foules ironiques

On applaudira pour pas les vexer

Puis on partira chez nous sans voter!

Refrain...

(texte Philippe Val)

D.D

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