"Un maçon chantait sur le toit d'une maison, et ainsi à l'unisson de pignon en pignon, la chanson prit son envol, et s'accrochait à tous les échafaudages, ..." Réenchanter la politique de cette façon et reconstruire des solidarités. Le bilan électoral est là, pas à l'assemblée, pas en politique des partis. La politique est dans la société, dans le quotidien non dans les urnes . Dans le mouvement et la vérité . Qui se souvient du 1er mai ? C'était chouette et à refaire . Ce n'était pas un accident, toutes ces villes saisies par une vague de manifestants . Se serrer les coudes se sont dit les jeunes et agir. Contre le FN ! Mais d'abord agir . Pour montrer qu'on existe aussi . Ce sont d'abord les jeunes qui se sont lancés les premiers, qu'on s'en souvienne. Ce qu'il s'est passé, c'est un mouvement spontané d'individus sans mots d'ordre, avec banderoles faites maison, des cartons bariolés, des trucs et des machins personnels sans chichi . Motivés mais paisibles avec beaucoup d'imagination... Mobilisés au portable, très mobiles. Au total, la mobilisation a duré 15 jours, avec une manif record et historique le 1er Mai. Plus fort qu'en 68 ! Plus fort qu'à tout autre 1er mai. Avec envoi au monde d'un vrai message de résistance à la menace de l'extrème droite. Seule la France a réagit ainsi alors que le glissement est général . Puis il s'en est suivi un vote contre Le Pen qui s'est traduit par un score énorme pour Chirac . Alors la question se pose: cela a servi à quoi de manifester ? D'abord cela nous a permis de prendre goût et de reprendre goût au formidable plaisir de la liberté de dire. De dire et de faire savoir qu'on n'a pas peur . A partir de là, avec une solidarité reconstruite toute la politique de Raffarin apparaîtra comme une vraie politique de la pierre tombale. Cet été sera votée la décentralisation qui donnera à la France d'en bas, la France qu'à peur, un pouvoir considérable aux élus locaux. Ce qui videra encore plus le rôle du politique national, car après le transfert à l'Europe, l'économie à la mondialisation libérale, le résiduel est ainsi renvoyé à la France d'en bas. Les abstentionnistes avaient peut être vu juste : la politique de l'Etat sera dissoute. Dans la foulée, dès la rentrée la décentralisation fera éclore une volée de petits chefs locaux arrogants comme une épidémie de varicelle . Les contre-pouvoirs habituels seront affaiblis, entre autres celui des grands syndicats et des rares médias indépendants. Dans la France d'en bas, vous ne trouverez ni syndicat , ni média indépendant qui a les moyens de dire la vérité, dénoncer la tromperie et l'injustice. Dans la France d'en bas-qu'à peur, on se frotte les mains, c'est cadeau . Alors il va falloir reconstruire des solidarités et ainsi réenchanter la politique de pignon à pignon . C'est ainsi que je vous annonce avec plaisir et joie à partager, la création prochaine ici de "Droits d'En bas ! ", association contre la politique de la pierre tombale .
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