La messe est dite. Chirac fait la loi ! Ni signe, ni fête. Seules les filles soupçonnées d'être musulmanes n'auront pas le droit de porter de bandana en classe. Il leur reste à inventer la casquette coranique à visière pour fille...

"L'athéisme est une forme d'humilité. C'est se prendre pour un animal, comme nous sommes en effet, et nous laisser la charge de devenir humains."d'André Comte-Sponville, Présentation de la philosophie. Il me semble élégant et subtil, à la manière de ce philosophe, de citer cette belle phrase à opposer aux mots d'ordre mental de la Torah, la Bible et le Coran qui tentent d'assommer dans l'hystérie collective comme toujours, de leurs gourdins canoniques les incroyants pas bien vaillants, comme d'inculquer jeune l'infériorité des femmes, leur rôle de reproductrices, le culte familiariste, tribal et national. Mais si c'était aussi simple...

Cela ne m'empêche pas d'apprécier le sapin de Noêl familial empinoché dans un demi-rondin de châtaignier qui décore la maison à chaque fin décembre, de ses pompons blancs, bonshommes de neige perchés dans les branches en maillot de bain à rayures rouges, canards en bois amenant des cadeaux de couleurs sur leur dos, guirlande de flocons parsemée de têtes de lutins à nez de carottes portant bonnets de nuit rouge carmin, et le lot des boules rouges brillantes dans lesquelles on se surprend avec un gros nez, et des stalactites pendantes comme ampoules de réverbères. Pas pour la religion, pour la fête, pour le merveilleux des couleurs, pour la joie des mômes. Et je conserve intimement inscrits en moi ces souvenirs qui pétillent de tous ces réveillons, pré-réveillons ou post-réveillons de mon existence.

Donc, ni signe, ni fête, ni...procession. Pardon, mais quand le sacristain Raffarin invoque la neutralité de la laïcité de la République, aurait-il dû l'appliquer à lui-même et à toute la procession funèbre gouvernementale qui s'en sont allés s'agenouiller aux pieds de la relique du Vatican, Bernadette en cornette, et bénie, en tête dans l'inclination mortifère. Quand le 1er ministre patriarche renvoie à sa foi, et le petit coq ministre de l'intérieur qui fait valoir son catholicisme, sont-ils plus fidèles du clergé, la voix de leur maître et de sa peste émotionnelle, qu'en charge des valeurs de la république laïque qu'ils s'empressent de jeter au rebut? Comment peuvent-ils rendre crédibles aux yeux de ceux qui cherchent et stimulent les amalgames, les valeurs laïques de la république qu'ils se doivent de représenter? Quand ceux-ci agissent en associant Saint Esprit et Juste Prix, dans l'annonce de l'imminence du déluge, comment ne pas souscrire  à ce que chante aujourd'hui Dutronc: "Avez-vous quelque chose contre la misère? / Pour la misère, on n'a que des cache-misères / Vous vous êtes trompé de boutique / Ici c'est pas la République".

Même si c'est parfaitement ridicule, à partir du moment où les fêtes chrétiennes sont maintenues, j'aurai bien pris deux jours fériés supplémentaires. Car si seulement comme cela était proposé, ajouter au calendrier scolaire deux jours de congé, correspondant à Kippour et à l'Aïd, inscrire ainsi ces fêtes dans la citoyenneté française chancelante d'aujourd'hui, même si ça surprend dans un premier temps à l'ère du jetable, considérant le modèle concentrationnaire de l'ordonnancement des banlieues, cela ne m'aurait pas apparu un compromis compromettant vis à vis du communautarisme." Une fête, c'est festif", comme le dit Bernard Stasi, le président de la commission de réflexion sur la laïcité, si pipée qu'elle fût. Déjà, accepter que des représentants politiques de premier plan invoquent leur soumission à l'Eglise des despotismes passés, présents et à venir, me semble autrement plus inadmissible, voire intolérable. Mais le gérant lucratif de la S.A France s'était prononcé contre cette proposition en question, pour mieux nous faire sentir la soutane et le bénitier du Médef comptable du travail négrier et des revenus de son pillage.

A Pâques aussi, pas pour la religion, pour la fête, pour le merveilleux et les couleurs, et la joie des mômes et leurs rires, j'ai caché durant des années des oeufs de Pâques décorés au pinceau et de toutes dimensions dans le jardin, sous les arbustes et dans les arbres, parmi les jonquilles et les tulipes toutes fraîches, avant que les cloches qui volent ne fassent ding-dong, annonçant alors à tous les enfants que la cueillette des oeufs de Pâques est ouverte (mais qu'il faut mettre les papiers dans sa poche!). Et je respecte ces moments chaleureux entre amis ou collègues où se souhaite sa fête, bien que n'y prêtant personnellement aucune attention.

Car depuis la Loi 1905 aux racines de la laïcité, le pays s'est déchristianisé. Qui connaît aujourd'hui la signification religieuse de ces fêtes qu'on se souhaite ? Bien peu.

Contrairement à ce sacristain de la régression sociale qui, vu sa droiture, a dû porter la croix dès sa naissance, comme toute occasion de faire la fête, la vie stimulée, me semble toujours mieux que de transformer mes oeufs et mes boules en actions, je préfère encore sacrifier, pour ces deux rituels qui se partagent, la saveur du mouton en pâture.

Dans la froideur désespérante, portés par leur imbécillité grégaire, les joueurs malsains de la culpabilité, qui par ailleurs viennent d'exonérer leur ami Pinault d'Exécutif life par un brigandage exercé sur les fonds publics, achèvent de brimer une fois de plus par la force et par la ruse, la dignité de l'homme et de la femme pris dans la nasse de l'urbanisme totalitaire, de la non-intégration républicaine sciemment maintenue, et de l'impact quotidien des événements terribles du Moyen-Orient. Lire quand même le point de vue d'Edgar Morin.

Si les "sans-vie" et les "grippe-sous" disent que l'excès est une faute, à coup sûr le manque provoque le blâme, alors qu'importe la raison de la fête, c'est l'occasion offerte qui compte qui stimule la vie. La signification ? Preuve d'imprégnation à la religion pour certains, preuve de reconnaissance pour d'autres, preuve d'indifférence et de détournement de sens à mes yeux. Mais la messe est dite !

A ce propos, proposer quotidiennement des programmes radiophoniques favorisant l'intégration en France des populations issues de l'immigration, et la lutte contre les discriminations, c'est le service que rend notre radio. Dans ce cadre, elle contribue à la lutte contre les discriminations raciales et au développement de la communication de proximité, notamment dans les agglomérations et dans les quartiers en difficulté. Et à une meilleure connaissance de la culture de l'autre dans notre région qui, sans être confrontée à la même réalité sociale, a à participer démocratiquement à l'exercice de ses responsabilités citoyennes.

 

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