- Dernière mise à jour 28 fevrier 2009 -
 


 

   

Brunettes. N°377.

Ah! Françoise sur Lieux-dits.eu n'aime pas Marcel Conche, ça se sent et elle te l'envoie même ballader d'une sacrée façon. Elle commentait ainsi le dernier livre du philosophe: Diversités. Journal étrange V.

Alors j'en profite pour lui répondre considérant que je n’ai pas ouvert entièrement ce bouquin puisqu’il faut méthodiquement lui couper les pages, à l’ancienne, au couteau à beurre. Je n'ai rien lu mais vais quand même en parler. L'ayant depuis un mois sur la table, je n’en suis rendu qu’à son avant-propos, au chapitre XXVI. Je parle de la découpe. Pas de sa lecture. Mais rendu à ce point , regardons comment Conche précise pourquoi « étrange » : « Mon journal n’est pas comme un journal ordinaire, la relation au jour le jour de ce qui s’est passé. Il est « étrange », entendant par ce mot, ce qui sort de l’ordinaire. Je relate seulement ce qui me vient à l’esprit à propos de quoi que ce soit – livre, lettre, rencontre, grand ou petit événement, réflexion entendue, chose vue, création spontanée de mon imagination, etc. –,  et qui me semble présenter de l’intérêt. »

Toute comparaison entre ce qui se fait ici et l’activité du philosophe étant parfaitement fortuite et non avenue, il n’en demeure pas moins que l’exercice pratiqué est un peu semblable, dans l’énoncé, pas dans le résultat bien sûr. Puisqu'en ce qui me concerne personne n'est allé jusqu'à m'envoyer me faire voir ailleurs, à ce jour.

Soumis à aucun ordre de lecture, on peut ouvrir le livre n'importe où. Est-il dit. Du coup, pour affirmer mon point de vue, je me hasarde dans la découpe franche et tranche sèchement comme ça vient. Tiens ! ma lame passe sur Mai 68. Tchac! Ah! allons-y voir ce qu’il en dit Marcel de Mai 68: « Il en restait l’idée qu’après tout, l’on n’est obligé  à rien que ce à quoi l’on s’oblige soi-même et que la liberté métaphysique (la possibilité permanente de dire « non » à tout) était le trait essentiel de l’homme ». Que dire de mieux ? Je vote pour.

Ce qui gène alors Françoise serait l’Emilie. Je comprends l'hostilité. Une pétasse présente à un tel point dans ce bouquin qu’elle en est devenue l’inspiratrice du philosophe. Eh bien, c'est pas un peu niais ça pour une grosse pointure de la philosophie proche de Montaigne, Héraclite, Anaximandre, Epicure, et Lao-tseu? Qui fantasmerait sur une jeunette, en repensant -à 86 ans !- aux jeunes filles étudiantes dont il fut le prof?

Eh alors, est-ce à ce point emmerdant? Se relâcherait-il sur ses vieux jours? Pas sûr. C'est une pensée de notre temps, comme cela se dit pompeusement. Alors quelle philosophie Marcel Conche proposerait-il ainsi pour aujourd'hui ? Mon couteau me dit qu'elle tient en quelques préceptes simples: il goûte la compagnie des jeunes brunettes, et discute tranquillement avec elles. Heureux comme un sage, il nous enseigne là un art de vieillir . A la façon de Nietzsche (Ecce homo): "En ce jour parfait, où tout mûrit et où la grappe n'est pas seule à brunir, un rayon de soleil vient juste de tomber sur ma vie: j'ai regardé en arrière, j'ai regardé en avant, jamais je n'ai vu autant, et de si bonnes choses à la fois."

D.D

Chronique-rectificatif:

Les brunettes de Marcel ne m’indisposent pas…Ici Londres, je répète : Les brunettes de Marcel ne m’indisposent pas. Et il ne me viendrait pas à l’idée de traiter Emilie de ... « pétasse »…Au contraire, son énergie à vivre me plaît  bien. Ce qui m’incommode fortement chez le Marcel, c’est que ces brunettes en question ne l’intéressent qu’en tant qu’elles admirent éperdument le grand marcel : Je ne juge pas Marcel Conche, je dis qu’il m’emmerde.

Quand je lis ceci par exemple : « Alors que j’étais étudiant, je voyais quelquefois Geneviève, que j’appelais Ginette : elle était élève dans une école d’infirmière. Ce n’était, de mon côté, que de l’amitié simple…Comment aurais-je pu avoir de l’inclination pour elle ?: Quand je comparais ses lettres, maladroites et avec des fautes d’orthographe, avec celles de Marie-Thérèse, mon cœur ne pouvait hésiter. Aujourd’hui, je l’admets, il m’arrive de surprendre des fautes d’orthographe dans les lettres d’Emilie ou d’Elodie, mais j’ai décidé qu’elles n’étaient dues qu’à des fautes d’inattention sans conséquence (de m’écrire les trouble quelque peu… » Quelle outrecuidance ! Et pauvre Geneviève déshabillée de son propre prénom…Ginette la non-intello qui fait des fautes , c’est vrai, comment l’aimer ?

Ou cela : A propos de toutes ces jeunes femmes : « Elles ont plus ou moins la beauté d’apparence,  (quel mufle ! non ?) mais elles ont toutes, à égalité, la beauté du dedans…gnagnagna : elles m’aiment. »

J’ai toujours apprécié le philosophe Marcel Conche mais le vieux monsieur vaniteux m’insupporte. Lire la suite.

Françoise

 17/06/2009-23:56