Jacques Tati, lors de la sortie de son film PLAYTIME, a tenu ces propos pas cons: " L'absurdité de ce réel est de constater que personne ou presque, au fond, ne souhaite vivre dans une telle société. Mais personne également n'a rien pu empêcher (…) une fois qu'elle est là, et ne pourra rien faire si un jour tout cela s'écroule. Notre liberté est aussi infinie qu'impuissante et inutile. La démocratie est devenue un pays où la liberté est réelle mais où celle-ci ne sert (presque) plus à rien." Une pensée aussi fulgurante nous met à l'abri de tout.

C'est pour cette raison qu'ici nous attendons avidement que Jean Baudrillard sorte de son bois pour nous éclairer un peu en ce début ensoleillé d'été. Et bien c'est fait, le thème porte sur les intermittents du spectacle, et en voici la teneur.

Extrait: "La grève a crevé le mur des vacances et, quels que soient ses contenus et son mode d'action, ceci est un événement. L'événement est aussi que ce soit la fraction inutile, la fraction productrice de signes inutiles, et non pas les cheminots ou les enseignants, qui en soit acteur. Les «victimes» de la grève ont changé elles aussi : ce ne sont plus les usagers du métro ou de la SNCF, mais les usagers du superflu et des biens immatériels de consommation. Et cela fait politiquement beaucoup plus mal, car ça touche le contrat et l'image symbolique d'une société. Il est intéressant de voir le patrimoine culturel dégénérer tout d'un coup en part maudite, dont on ne sait comment se débarrasser. "

Par maudite qui ne m'empêchera de vous annoncer La 6ème édition du Festival Les Arts Dînent à l¹Huile, dont le principe est l¹invitation à Douarnenez d¹un port sardinier du monde, qui aura bien lieu sur le Port Rhu et sur le port du Rosmeur les 25, 26 et 27 juillet. Après Essaouira, Marseille, Sétubal et le thème «La Plage» l¹an dernier, Saint-Louis du Sénégal sera cette année à l¹honneur avec son présent et son passé sardinier, ses artistes, musiciens, conteurs, danseurs et sa culture contemporaine en général. Jeter un coup d'oeil sur le site : http://www.lesartsdinent.com .

Car évidemment, comme chacun le sait, malgré l'effort magnifique tentant de maintenir la symbolique de la pêche à la sardine de Douarnenez, il n'y a plus vraiment de bateaux de pêche ni de conserverie à Douarnenez. Comme il n'y a plus vraiment de granitiers sur le bassin granitique de Lanhélin, malgré cette petite manifestation combourgeoise qui présente en ce moment quelques tailleurs de pierre se coltiner aux blocs. S'émerveiller des ruines et des symboles, et de soi, c'est le romantisme. Ou du moins ce que j'en sais. Et c'est le thème de la 2ème édition du Festival des Etonnants Romantiques que se tient aussi à Combourg, en août.

Mais, à l'inverse, l'image symbolique de la société c'est aussi un truc pas cher et sympa, dans un fin fond de campagne profonde, un maquis de résistance, un bon plan totalement fauché, pour un petit budget aux mille en unes façons d'accommoder les mots, les musiques, et les convictions, comme Le 6ème festival Arts des Villes Arts des Champs de Malguenac, les 29,30 et 31 août . Avec André Minvielle de la Compagnie Lubat qu'on adore.

Par ailleurs, une pensée riche à pleurer pour Léo: "La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique...", soutenait Ferré, et qui poursuivait " Je vois le monde un peu comme on voit l'incroyable/L'incroyable c'est ça c'est ce qu'on ne voit pas/Des fleurs dans des crayons, Debussy sur le sable/A Saint-Aubin-sur-Mer que je ne connais pas..." (Tu ne dis jamais rien).

 

 Chroniques