Effets de tension. N° 207 Et qui est Socrate? demandait Castoriadis...."il n'y a pas de réponse déterminée; que Socrate -flux héraclitéen somato-psychique, danse d'électrons et de représentations, pris, quelle que soit la manière dont on l'envisage, dans une indéfinité d'autres flux et d'autres danses -en tant que nom (fallacieusement dit "propre") recouvre à la fois un terme de repérage "suffisant quant à l'usage" et une signification qui renvoie à une indéfinité d'autres significations comme aussi à une indéfinité d'aspects de ce qui est." Pour l'exemple, c'est le nom de Socrate que l'auteur choisi, substituez-le, placez votre nom à la place et cela fait l'affaire pareillement. Plus rigolo, remplacez-le par celui d'un collègue qui vous gonfle. C'est ce qui me vient à l'esprit à l'issue de deux nuits consécutives au sommeil mal ficelé. Suite à deux réunions de travail aux atmosphères tendues. Mes nuits se détériorent alors que je ne suis pas concerné par la tension à scier à la meule électro-portative qui existe entre des personnes qui se ruinent les nerfs, englouties chacune dans la passion triste qui les dévorent. Et dévorent l'entourage. Bref, que du bien banal, du courant, de l'ordinaire de tous milieux professionnels. Que faire? N'attendez pas de moi que je sonne le clairon de l'illusion contre ce système qui conduit les personnes à toujours plus d'animosité et de saloperie, ou contre le christianisme qui nous aurait enflé de passions tristes. Le temps passe vite, et ça se joue au présent. Le témoin de cette impasse est précisément le fait que le mot "économie" n'a plus pour nous d'autre sens que celui des "eaux glacées du calcul égoïste" comme l'écrit Jean-Luc Nancy. Qu'advient-il alors à l'être humain rempli d'affects-sentiments tristes, à base de tristesse et de haine, qui peut cligner des yeux pour ne pas voir, mais jamais fermer les oreilles, s'il lui était glissé doucement dans le pavillon que question identité il n'est qu'un flux fort fugitif, éphémère, et indéfini quant à bien des aspects... "Le prix à payer pour la liberté c'est la destruction de l'économique comme valeur centrale et, en fait, unique", écrivait encore en 1989 Cornélius Castoriadis, ce penseur têtu. Car nous sommes entrés dans l'ère des "eaux glacées du calcul égoïste", ce flux héraclitéen somato-psychique de l'égoïsme d'aujourd'hui. Avec son état de guerre permanent à effets déclencheurs de troubles multiples. Gare à ce flux de stress et de perturbations psychiques dans lequel les gens sans cesse poussés par le toujours plus chacun l'oeil sur son calcul, exacerbés pris dans un mouvement infini, se concurrencent sans fin les uns les autres: preuve fournie par des recherches sur les rats qui, infectés par la toxoplasmose (un parasite), ne fuient plus le chat, mais, diminués, ayant perdu leurs repères, se précipitent comme pour se faire manger parce que leurs neurones ont perdu l'info "chat". Le flux d'Héraclite, de quoi s'agit-il? Jamais semblable, où s'écoule tout et son contraire, la raison n'étant "pas autre chose que la contradiction elle-même, ce qui va jusqu'à faire de la déraison l'oeuvre de la raison." D.D |
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