|
|
|
|
Pipo. N°295 Qui veut vraiment négocier? Il me revient à l'esprit ce qu'expliquait l'autre jour un camarade pour évoquer un désaccord sur ce qui était écrit sur un document. Il prenait comme exemple le fameux tableau de Magritte "La pipe", où l'on voit une pipe alors que le peintre donne à la toile ce nom "Ceci n'est pas une pipe." Ce qui veut dire selon Magritte que la pipe qu'il a peint n'est que l'image d'une pipe, mais n'est pas une pipe. Il a raison. C'est un simulacre. Le seul vrai critère de jugement, c'est la pratique: "Une poire que l'on voit n'est peut-être pas une poire (ce peut être une attrape). Mais une poire que l'on mange est une poire. Un stylo dont on se sert est un stylo, car, s'il fonctionne comme un stylo, que demander de plus?" dit dans le même ordre d'esprit Marcel Conche. Je songe aux hauts-fonds familiers d'images que captent, dans l'espace du cerveau, les bipèdes que nous sommes, chaque jour, sans recul. Que tintent les clochettes! Comble de la confusion, le camarade en question voulait au contraire nous expliquer que ce qui était écrit l'était bien. Et qu'en conséquence cela n'était nullement un simulacre. Affirmation que désapprouvait son interlocuteur, dont le rôle était de défendre en toute logique la véracité de cet écrit, en annonçant quant à lui que ce ne qui était écrit là n'était nullement ce que cela laissait croire. L'actualité étant aux conflits sociaux, je peux témoigner aussi d'un fait qui s'en rapproche. L'utilisation délibérée et méthodique du mensonge, du subterfuge, et de la mystification est monnaie courante chez ceux qui justement se parent de légalité pour le pire: je viens de le dénoncer par voie syndicale dans un dossier de décentralisation où, pour casser un service public efficace et dynamique, des représentants de l'Etat ont entretenu devant ceux du Département un grossier simulacre de "négociation" que ces derniers ont pris pour argent comptant, sans que clique dans leurs têtes dociles aux ordres qu'il leur soit vérifié les dires et les écrits. A moins que cette duperie drapée de responsabilité soit réciproquement consentie. Ce qui tout compte fait amène à voix basse à chuchoter cette question: ces représentants, tous confondus, qui laissent de côté la réalité, ne sont-ils pas eux-mêmes partiellement du simulacre? De là: au sein d'eux-mêmes le savent-ils? J'en doute. D.D |
|
...![]()