Cynorrhodon. N°236 L'été. Pourquoi le célébrer alors que les autres saisons aussi sont plaisantes, quoique plus rudes. Il s'agit d'un choix. Du coup, revivre les vacances d'écoliers à tout moment de notre existence est un bonheur. Grasses matinées, partir à la découverte de la campagne, se vêtir si peu sans prévoir la pluie d'orage, donner congé au monde à ses responsabilités, s'échapper. Ainsi, cet été, il nous a été amené à ressentir, comme des enfants, sur la peau la pluie à seaux qui trempe comme pain dans la soupe. Trempés dégoulinants, nous nous serions fait assez méchamment enguirlandés par nos parents. Pourtant quel bonheur de danser dans l'air qui bruine. Quel sentiment de liberté que de continuer, sous la flotte, son chemin de découverte, balayer les convenances apprises, les yeux joyeux comme des fous sous les trombes d'eau en pataugeant. Pratique rustique, herborisante même (lire plus bas), qui nous convenait tout à fait. Tout comme des enfants épris de liberté qui s'évadent, et que rien chez eux ne peut les retenir. Je reste. Maintenant que la masse vient de reprendre le joug, qui peut entendre un langage aujourd'hui fané? Je reste en été. Comme un voyageur égaré qui n'entendrait pas la langue des habitants. Ou plutôt contrairement à ceux-ci et à leurs bâillements, je ne compte nullement célébrer plus une saison qu'une autre. Marre de la nostalgie, tout ce foin dont on nous rebat les oreilles. Appartenir à l'instant que je vis me convient mieux. Qu'est-ce qui pousse là-bas en ce moment, qu'est-ce qu'il y germe, comment le terrain qu'avec enthousiasme juvénile et insouciance nous avions découvert, a-t-il changé, avec quelle couleur et dans quel silence reprend-il ses forces, par gros animal a-t-il été traversé? Considérant que le hasard y met du sien, tout est toujours neuf, une rythmique...pour d'autres délices d'un bonheur retrouvé. Dehors. Le tumulte des nuages, de la pluie, le caprice déconcertant des saisons. Y collecter des souvenirs mémorables. "Tout homme est deux hommes, et le véritable est l'autre"(Jorge -Luis Borges). Du coup, voici peut-être l'information la plus importante de ma journée du mercredi 13 septembre 2006! Célébrons non pas l'Eté qui se fait la malle, mais l'En-dehors! Où l'on y rencontre le cynorrhodon, "Fruit de l'églantier ou cynorrhodon. Il se compose d'akènes velus, très durs, enfermés dans une urne charnue, rouge vif à maturité. Nom populaire: Gratte-cul". D.D |
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