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Attente. N°376 C'est pas tout le monde que ça concerne, ces lieux que nous avons tendance à dédaigner. Dans lesquels nous y laissons quelques minutes, à chaque passage. Temps perdu ? Faut-il le comptabiliser? Avis aux amateurs à qui la partie de vie consumée ainsi intéresse. Car sans faire gaffe il y suffit d'un peu, d'un rien, d'une pincée de minutes, allez! une petite dizaine par ci par là le matin autant le soir. Je dis une dizaine, l'ordinaire quoi, comme je peux dire plus ou quelque fois moins. Cela concerne les usagers des transports en commun. On me rétorquera que les autres aussi sont concernés (embouteillages, etc...) ok! mais je ne parle que de la chose que je connais. Ou que, saisissant l'occasion, j'apprends à connaître. Par exemple: la loi Le Chapelier, l'une des premières manifestations en France du libéralisme économique, loi du 14 juin 1791 qui s’attaque aux organisations ouvrières et au droit de grève et proclame la liberté d'entreprendre dans le droit fil des physiocrates. Loi qui porte le nom d’Isaac-René-Guy Le Chapelier, député rennais , né le 12 juin 1754 à Rennes, guillotiné le 22 avril 1794 à Paris. Car il s’avère que je fréquente deux fois par jour, la rue à Rennes qui porte son nom. On me prend et re-dépose sous sa plaque de rue. Tôt j'attends là comme un brave! Immobilisé à l'angle de rue, suis-je alors pour cela intégré dans l’histoire du libéralisme français ? Oui, le déplacement contraint en est un des indicateurs. Surtout quotidien ! Mais qu’était-ce la physiocratie ? Etymologiquement : gouvernement de la nature. Il est dit qu’elle fut « la première théorie générale et systématique d'économie politique, annonciatrice de l'économie classique fondée par Adam Smith. » Pour en savoir plus : Il nous faut remonter aux temps fondateurs de la République. Voir Loi Le Chapelier de 1791. Les physiocrates considéraient que les masses populaires étaient de l'énergie en stock à exploiter. Pas moins! Retour à l'anecdote de ces minutes passées dans l'attente d'un départ attendu, le corps immobilisé et désoeuvré. En un autre lieu que l'on a tendance à dédaigner. Ce vendredi dernier à 17h20, en retour du travail, coup d'oeil rapide vers l'écran lumineux des correspondances pour confirmation et j'attends sur le quai 2 de la gare de Rennes que le TER de Saint Malo se mette en place. Programmé, comme une évidence quand il le faut et comme il se doit, le train se met en quai. Il est 17h20. A son arrêt la portière tombe à pic à mon niveau. Réaction automatique je m'y engouffre, je m'installe. Mais le TER redémarre quasi aussi sec , ce qui n'est pas de son habitude. Je m'interroge alors « Est-il déjà 17h30? ». Il longe le quai et prend de la vitesse, une voix annonce après départ « Vous venez de prendre place dans le TER à destination de Saint Brieuc...» Bon! Merci pour l'info! Mais c'est trop tard et piégé me voici donc parti vers la mer et les rochers. Au contrôle des billets j'avise la contrôleuse que je me suis planté de train. Bienveillante elle me prend en charge. Cherche sur son appareil numérique portable (i-pod ?) les correspondances possibles pour que je ne perde le moins de temps possible, mais m'avertit « Ce sera long! Vous attendrez plus longtemps avant d'arriver chez vous! » Puis elle prévient la gare de Lamballe qu'un passager pour Saint Malo s'est égaré dans le TER de Saint Brieuc. A l'arrêt à Lamballe, elle m'avertit que j'ai une minute pour repartir en sens inverse en saisissant la correspondance provenant de Saint Brieuc! Merci Madame! Observation: je ne fus pas le seul, nous étions au moins deux! Peu avant le retour à la gare de Rennes, ralentissement sur la voie, l'engin traine! Les voyageurs sont soucieux de leurs correspondances: TGV pour Paris ou pour TER pour Saint Malo. Arrivée 19H en gare! Les correspondances sont prises en compte, le départ des autres trains ont été retardés de quelques minutes, cinq, dix , vingt je ne sais pas. En ce qui me concerne ce fut court pour reprendre le flux dans le bon sens, mais j'ai pu. Pourquoi décortiquer ainsi ce moment de flâneries douces en train? Est-ce pour célébrer ce temps d'immobilisation personnelle? Ou la vie sans wagon ? Non! Primo, pour ce bon principe d'action constant: la bienveillance! Sans laquelle j'aurai été plus mal parti pour rebrousser chemin. Deuxio, ce dérisoire contre-temps sans incidence montre combien est à craindre sa propre aliénation aux certitudes dues aux habitudes. Ah! le train-train! Bon! Pour l'instant au pied de la pancarte de la rue Le Chapelier, m'engouffrer dans une voiture inconnue non je n'ai pas encore fait. Tant mieux! C'est rassurant de savoir que travailler du chapeau n'est pas fatal chez ceux qui sont pris dans la répétition. Serait-ce en raison d'une organisation aléatoire, sans fausses évidences, mais qui nous est propre à ma co-voiturée qui me récupère et me redépose à l'angle précisé plus haut, et à moi ? Qui sait ! De toute manière ça relève moins de l’automatisme que vis à vis d’un train arrivant en quai à l'heure fixe , programmé à la minute, dans une gare où, hors aléas, l’on ne fait que ce que l’on a prévu de faire. A force de répétition ça suscite des réactions mécaniques. Bref, bonne leçon! Voilà pour l'anecdote du temps perdu. Banale histoire entre domicile et travail? Pas tant que ça. D'autant qu'au gré de l’errance alors que je m'étais mis mercredi soir en tête de bâtir cette chronique à partir de ces retards successifs, une autre circonstance hasardeuse que j'espère féconde, est venue retarder de trois bons jours la mise en ligne de celle-ci. Attente. Impression finale qui m'étonne moi-même: tout cela me fait l'effet d'un jeu d'yoyo! Curieux! Car pourquoi donc le yoyo? A tout hasard qu'est-ce que le yoyo? « Apporté par les émigrés de la Révolution, il est appelé « émigrette »!!! Question qui suit: cela voudrait-il dire qu'il y a un émigré en soi qui s'ignore? D.D |
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