Entre le sensible et le pensable, j'me balance . Entre cet état proche de ce vers de Tzara:"Je pense à la chaleur que tisse la parole autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous", et cet autre "J'ai besoin de cette clandestinité paisible qui est pour moi une condition d'existence." de Nietzsche, moi, en cette mi-mai, j'me balance.... Aller-venir de l'un à l'autre, chez moi c'est un jeu de balançoire plutôt qu'un jeu de balancier, car la différence entre ces deux ustensiles se porte pour l'une sur l'élan que l'on donne soit même à la chose, qui, à l'inverse de l'autre, n'a donc rien de mécanique, et qui répond au corps et à son mouvement, soit à une façon singulière de serpenter dans l'air. C'est ainsi qu'en cette mi-mai je sens bien que j'me balance rythmé, dansant, en musique, entre le sensible et le pensable. En un lieu, en un temps. Qui sont partout et à tous. Vers la multiplicité des lieux et des formes de la pensée. Une manière de circuler sur le territoire des écarts et des possibles, un goût à se promener en amateur à travers des formes d'activité divers en montrant à soi-même que l'activité quelle qu'elle soit était d'abord des manières diverses de la penser et de la pratiquer. En quelque sorte, c'est toujours une façon singulière, propre à soi, de balancer qui modèle la nature -la nature au sens matière, choses et activité humaine. D'un mot: un style ! Pour éclairer votre gouverne, je résume: en cette mi-mai,en ce qui me concerne, j'ai eu l'envie de solliciter une mutation professionnelle ! Autre lieu, autre activité, autre sphère. Faut toujours penser le temps du travail, quand on peut, comme production en partie d'une vie, et le concret de la vie à la grisaille des semelles de plomb. Se pose ainsi à chacun la question de la mise en scène du concret de la vie, entre sensible et pensable. Il y a mille manières d'inventer des mises en scène, d'où aussi la reconfiguration de territoire en retraçant des chemins. De faire des choix dit-on couramment. Ce que n'importe qui fait. Entre le sensible et le pensable, plus qu'un jeu de balancier ou de balançoire, voir le reportage de Lieux-dits, les corps pensants fébriles réunis à la tribune du Palais des Sports à Paris, ce dimanche dernier, pour les 50 ans du Monde Diplomatique, ceux de Derrida, Négri, Debray, Aminata Traoré, Bové, et autres, par les gestes nous ont dit leur aventure. Par cette façon d'être de chacun, de poser la pensée, de l'exposer, par le corps tout entier avec un balancement si singulier justement. Ainsi ces signes, entre sensible et pensable, ces corps, ces gestes : le formidable agencement de la pensée englobante de Derrida, la nerveuse et noueuse démonstration de Négri, le tremblement contenu d'Aminata, le poing levé de José brandi comme un levier... D.D |
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