E « Et à présent si tu avais pouvoir de dire l'aromate de ton monde profond, tu rappellerais l'armoise. Appel au signe vaut défi. Tu t'établirais dans ta page, sur les bords d'un ruisseau, comme l'ambre gris sur le varech échoué; puis, la nuit montée, tu t'éloignerais des habitants insatisfaits, pour un oubli servant d'étoile. ». C’est un message amical que René Char aurait pu nous adresser dans notre boîte à mail : NCP@ radio-universfm.com . Rêvons ! En fait, pour vous dire, c’est presque vrai ! Mais c’est dans la boîte à mail de Lieux-dits, beaucoup plus « littéraire », qu’il a pris tout naturellement sa place. Lieux-dits est très sensible à René Char comme à Gilles Deleuze, philosophe français… De ce dernier, Françoise de Lieux-dits en parle souvent. A ce qu’il nous semble, ce qui est dit ici , sur Lieux-dits donc, en dit long. Cela aurait pu même lui plaire, à Deleuze : les tableaux, les « peintres musiciens », le local déterrioralisé, les lignes de fuite, le pli… C’est en glanant ici et là des fragments de singularités, d’intensité, de commun,…Et de sens. Et d’imagination. Un entrecroisement de singularités et de sensualité. De qualités sensibles…En errant à notre convenance avec des choses proches de la vie. C’est ainsi que ce font nos sites : poétiquement ! Qui sommes-nous, nous, les auteurs de ces sites des hauteurs ? C’est important de savoir qui se cache derrière l’écran , car cela peut devenir un sacré masque cet écran sacré de l’ordinateur qui donne l’heure. Quels sont ces corps cachés ? Nous sommes de quelque part : entre la pensée et l’étendue, entre la criée et l’inattendu, entre plante et animal, entre tics et enthousiasmes. Pile derrière le chêne de la Liberté ! Là plus qu’ailleurs encore, les lieux transforment les êtres. Nous gravitons à « heures perdues » entre cette radio qui alterne entre classique et jazz, l’internet sur le porte-bagage, une petite librairie dans laquelle sont dits des textes qui chantent, un petit centre culturel qui anime le pays, et quand tout va bien, une bonne petite bouffée d’action politique locale, ruralo-progressiste, qui s’est , il y a peu, coltinée par mégarde aux élections communales dans le sens qui dévale. En bref, nous sommes dans l’action locale qui découenne, autant multi-directionnelle que multi-sensorielle, à polarisation variée, qui demeure un sacré champ d’investigation, de complexité, et d’enseignement sur l’humanité. Les choses et les ensembles s’y font et s’y défont, cela construit et déconstruit. Cela va et vient. Mais tout compte fait çà bouge ...Et nous emboîtons les perspectives contre vents et marées, contre les moulins à vent et l’horloge. En swinguant de l’idée à l’idée de l’idée…pour bâtir poétiquement. Je reviens in-situ. Avant l’internet, tout était déjà là, net en nous. Et puis, et puis, après ces élections municipales fatales desquelles nous sommes sortis quelque peu blessés, parce que mal-jugés, mal-menés croit-on, en conséquence on s’est mis à vouloir plus communiquer, à dire et à partager ces citations glanées, ces photos et autres choses . Comme un prolongement de conversation, et compte tenu que l’on passe pas mal d’heures à la mise à jour de nos sites, on est content quand quelqu’un nous dit que ça lui fait plaisir, sentir, désirer, comme pour un bon plat ou un vin précieux et qu’on nous le dit simplement. C’est pourquoi nous sommes très heureux, ici à Univers comme à Lieux-dits d’avoir reçu en direct du nouveau maquis de René Char, ce poème dans la boîte à mail. Cela redresse, complète, rafistole. Prolongements, rebonds, car par exemple, entre autres, Deleuze est un philosophe qu’on partage, « sinon pour soi, seul, c’est trop ! » comme il est dit sur Lieux-dits où se lit, entre autres, Deleuze souvent. Mais c’est d’un Deleuze qu’on lit ici un peu comme un Montaigne, pour la pensée, pour le plaisir et la poésie. Chez Baudrillard, Edgar Morin, Quignard, Bon, et tout et tout…que croyez-vous qu’il y a aussi ? De l’humanisme,… et du poétique ! Et ouais ! En fait. Plein. Tout plein partout ! De l’humanisme, parlons-en . Parlons-en. Parlons du poète qui libère les mots comme l’insurgé ses camarades emprisonnés. Descendons au Moyen Age et à la Renaissance. C'est à cette époque que naît un mouvement humaniste, foncièrement philosophique et poétique. On y fait sauter les verrous d'une pensée figée dans des formes fixes, strictement hiérarchisés. Des savants congédient Aristote, se tournent vers Démocrite, c'est-à-dire vers les atomes, et abandonnent "l'idée d'un monde statique défini dans tous les rouages, d'un histoire prévisible et subie, pour une conception dynamique du réel." Aristote cesse alors d'incarner la Science infuse et s'opère brusquement le passage de la vision de l'être fermé sur lui-même à la réalité de l'homme-poète, c'est à dire créateur, à l'homme qui n'a pas à contempler un ordre donné, à incarner une essence préétablie de toute éternité. Et rien n'est plus ancré en eux que la croyance en une humanité libérée capable d'affronter les problèmes de la vie. C'est la création de l'humanisme. La poésie, cela redresse, complète, rafistole. Pensons à ce que l’on a tous pu glaner chez Ferré d’Aragon, de Baudelaire, chez Brassens de Montaigne et La Boétie, de Ronsard et de Ruteboeuf. Chez Montant de Prévert . Pensons à Pablo Néruda, poète-star mondiale et combattant progressiste, qui se produisait devant des foules gigantesques… Donc on avance ensemble comme sur un métier à tisser, à tisser la toile . C’est ainsi que nous sommes très heureux de connaître des métiers à tisser semblables. Ainsi cet autre message dans la boîte à mail : "La violence, la colère nous viennent du soleil. Une des noblesses de la violence, mouvement répondant à un autre mouvement, c'est d'acquitter le déçu et aussi de le délivrer de cette peste: la fausse connaissance, nourrice de naufrages, des capitulations et des monnaies mensongères. Soudain, nous appelons "au secours" et c'est la violence qui accourt, celle qui mord, la contre-agressive, avant de nous délivrer. La moindre clarté naît d'un acte violent: une allumette que vous craquez...La poésie aime cette violence écumante et sa double saveur qui écoute aux portes du langage Large est le domaine de la violence bénéfique, de ses voltiges, venant des premiers âges!"(René Char, Les Transparents) Et puis cet autre : De Labeluz, Le label discographique de la Compagnie Lubat de Gasconha qui présente : " Nous sommes cernés par les cibles ". Ce CD est le fruit de la rencontre essentielle entre deux mondes, celui d¹André Minvielle et de Serge Pey. Résultat : une alchimie nouvelle entre poésie, texte d¹agit-prop, musique et chant. Rompant avec les frontières de l¹art traditionnel, brouilleurs de pistes autant dans le domaine de la musique et de la voix que du poème, Serge Pey et André Minvielle sont deux artistes hors-limites. Leur singularité prend possession aussi bien des traditions du passé, qui plonge ses racines dans le c¦ur des peuples du monde, que dans les pulsions les plus avant-gardistes de notre siècle. Tous deux sont des chanteurs au sens où Serge Pey dit champteur car le poète est un créateur de champ. Amarade, le poème de Serge Pey, ouvre le CD comme un message d¹amour au monde et à ceux qui luttent pour le changer. CD 15 titres, livret 28 pages. Sortie : septembre 2002 - distribution : harmonia mundi " Poïésiques " . La rencontre du "poète gascon universel" Bernard Manciet et du musicien uzestois Bernard Lubat. " Il faut l'entendre, le gascon de Manciet, pour sentir que résonne là une musique venue du fond des âges et qui parle à tous. Bernard Lubat, autre inclassable occitan, ne s'y est pas trompé, dont la fantaisie free jazz s'est accordée à la langue de Manciet comme on rentre chez soi. Voilà comment le poète, secret, mythique, est devenu presque un chanteur populaire. Au sud de la Loire, et côté ouest, plein ouest vers l'Océan. C'est une bénédiction pour le lecteur, qui y découvre le feu dans la langue qui fait les vrais poètes. Manciet est l'un des plus grands du siècle. Et si la France n'était pas si jacobine, elle le saurait depuis longtemps. Bernard Manciet a digéré tous les héritages, l'art des troubadours, l'humanisme de Montaigne son compatriote, la mystique de Claudel, le symbolisme de Mallarmé et, surtout, le surréalisme... Mais cet anarchiste adore brouiller les pistes : " J'aime me faire des ennemis ", avoue en rigolant celui qui s'est joué de tous les embrigadements idéologiques du siècle. " Catherine Portevin, Télérama 18/10/00. double CD + livret 80 pages - distribution : harmonia mundi renseignements : internet : http://www.uzeste.com Et encore cet autre: du mardi 8 octobre au dimanche
3 novembre à L’Estaminet (du mardi au vendredi à partir
de 19 h, le samedi 18h, le dimanche après-midi 16h) CREATION MUSIQUE ET POÉSIE Programme : "Silence Coi", "Déchiffrage", "Art Popo", "Text-Up", "Marine", " Modestie", "Epouvantails", "Ydol Nabdous" , " Les Généreuses". Toutes compositions musicales de François Cotinaud. Textes de Raymond Queneau, Dominique Pagnier, André Velter, François Cotinaud. Descriptif: Ludique. Intimiste.
Improvisations. Poèmes. Chant. Percussions. Silence. Paroxysme.
Intériorité. Biographies, dossier de presse
et contact : Concerts prévus : Vendredi 11 octobre 2002
à 20h30 Jeudi 17, vendredi 18 et
samedi 19 octobre 2002 à 20h30 Vendredi 6 décembre
2002 à 18h30 Samedi 7 décembre
2002 à 20h30 Vendredi 4 avril 2003 à
20h30 Vendredi 23 mai 2003 à
20h30 Un poème c’est quoi
? ce qui est dit en dit long ! .
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