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Cheval. N°389 Probablement à cause d'un spam intensif, une fenêtre s’est ouverte sur mon PC annonçant un virus. Un cheval de Troie me dit-elle mais instantanément j’ai lu « cheval de bois » ce qui déclencha immédiatement en moi l’image de mon cheval de bois à bascule qui avait une queue de blaireau (du blaireau qui sert à se raiser) que mon grand-père m’avait fabriqué dans ma jeunesse. Bon, l’histoire du cheval de Troie renvoie à une idée d’Ulysse qui avait dissimulé des guerriers grecs dans un cheval. Les grecs avaient fait mine d’oublier le cheval sur la plage ( !) et les Troyens, assez connards dans cette histoire, avaient fait rentrer joyeusement le piège dans leur ville ! Mais ce que j’avais oublié c’est que le cheval était en bois et l’enjeu en était Hélène, et que c’est ce jour là qu’Achille s’est pris une flèche dans le talon du même nom et en est mort ! Dac, Homère ne précise pas si le cheval en question avait une queue de blaireau ou en ficelle de lieuse mais le « trojan », c’est ça, c’est un truc sans queue ni tête qui rentre joyeusement dans ta bécane et place des programmes de fausse commande et exécute des commandes nuisibles. Ne pas confondre avec un virus car il ne se multiplie pas. En fait, c’est Baudrillard qui a inventé le « trojan ». Il écrivait en 1991 : « On rêve d’une idée furtive qui passerait à travers tous les réseaux de détection sans se faire repérer, pour trouver sa cible infailliblement. » Leçon. Gare aux chevaux de Troie. Sans tarder pensons sauvegarde! Alerte! Face à de pareils chevaux il en va de la singularité de chacun. Même quand celui-ci se prend pour quelqu’un qu’il n’est pas! Singularité. Ce matin aux alentours des huit heures, en voiture en attente du feu vert, de l’autre côté de la rue je vois traverser mon ancien copain de régiment. Que j'ai d'ailleurs revu ce soir, le comble! Si sa corpulence évidemment s’est modifiée je doute qu’il ait beaucoup changé. Je le suppose encore très grand lecteur et militant politique inlassable. Allez ! ce n’est pas une supposition mais une certitude, puisqu’il m’est arrivé de le revoir et d’ailleurs une chronique précédente en témoigne. Bref, pour dire qu’il n’a pas changé alors que tout a beaucoup changé par ailleurs, en trente-cinq ans déjà. Au plaisir de le revoir en d'autres circonstances en prise sur la vie concrète. A Lanildut parmi les pierres près de la mer cette observation banale et courante a fait l’objet d’une conversation récente entre copains de ces années de co-fondation de la radio. Cela tournait autour de la question de l’Etre. Mordu de Spinoza Claude considère joyeusement que je n’ai pas changé et que donc je suis toujours le même. Et alors me l’a dit. Et réciproquement comme chez tout le monde par delà les multiples aléas de l’existence, avec ses expériences personnelles censées-rester-secrètes, professionnelles, politiques et sociales a priori hétérogènes, ou, plus pragmatiquement, avec quelques « trucs et ficelles » comme autant de conjugaisons, de croisements, de carrefours, aussi j’estime à mon tour qu’il n’a pas changé non plus alors que tout a beaucoup changé par ailleurs y compris ce qu’il a de plus cher. Et lui l’ai dit. Et pour être tout à fait clair sur ce point, encore ce matin en échangeant sur les forces obscures qui nous maintiennent ainsi soi-même à un tel point que l’on puisse retrouver dans sa propre personne ses visées, ses désirs, ses investissements, ses exigences, ses attentes, et son rapport à l’imaginaire de son enfance l'on me faisait cette confession: "C'est comme si j'avais encore 15 ans!". Ce qui constitue sa vérité. « T’es toujours le même ! » me dit Claude. « Toi même ! » lui ai-je répondu. Et sa cousine qui était là pour des retrouvailles après quarante ans d’absence « Claude ? toujours le même ! Quand il avait 16 ans, il sortait comme ce soir sa guitare pour nous chanter Brassens ! » « Et ta cousine Claude a-t-elle changé ? » « Pas d'un poil ! » dit Claude riant aux éclats! Sans repli dans l’archaïsme cela révèle-t-il un enracinement dans quelque part de profond en soi alors que chacun est pénétré de part en part par le monde physique et social sans cesse bougeant, incertain, imprévisible qui nous fabrique ? Eh, bien les preuves fournies sont si durables, solides et palpables qu'il est difficile d’en douter. Accidents de la vie, revers sociaux, maladie, c’est pas neutre et ça marque durement, cependant la singularité de l’ami reste la même. Bien que submergée par la fluidité de l’éphémère « en flux tendu » (!) Eh bien de la singularité…dite « irréductible » de chacun, prenons-y garde. D’abord commençons par la reconnaître. Oui, une reconnaissance de sa caractéristique ontologique –une mode d'être, une modalité d'être. Et pourquoi pas pour prendre plus de force dans la période bouleversée et bouleversante que nous avons commencé de vivre. Car au delà de la métamorphose physique comme au delà de la résignation au monde tel qu'il s'affiche ("Enfin, il y a le réseau!"), à notre époque d'hyper-spécialisation où nos meilleures écoles n'ont de cesse de former à la pelle, comme le dit Michel Serres, des "instruits-incultes", comme à la « fluidité » des trouvailles jetables -jetables nous le sommes devenus-, c’est l'heure aussi où se répand en biologie l’ontophylogenèse. Dans ces conditions, considérant ce qui se joue, désormais, ce n'est plus la forme du monde à venir, mais le fait d'y être adapté, toléré, admis, dont il est question. D'ici qu'il soit glissé dans un futur qui se rapproche, pour l'admission ou non quelque "idée furtive"...voyez ce que je veux dire. Battre donc le rappel à la leçon du cheval de Troie apparaît là encore fort judicieux et salutaire ! Vigilance! Vu le processus enclenché, impensable en ce qui me concerne: même à Rennes c'est la valeur de "sécurité" qui expulse la liberté. "Propos convainquant, me direz-vous gentiment, mais dis! éclaire-nous: qu'en est-il du PC?" Oh! la première tentative fut de supprimer l'intrus. Mais se fixant à d'autres fichiers, il revenait. Jusqu'à sa suppression finale. Dès lors le micro s'est mis à mouliner laborieusement. Alors le diagnostic tomba: "La carte mère est fichue! faut changer le micro!" D.D Chronique: Je trouve que c’est pas si grave que ça cette histoire de Vidéosurveillance (à Rennes) pour encadrer la vie nocturne et empêcher les gens de boire : suffit de se mettre à pitancher le jour ! Françoise 09/09/2009-21:00 |
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