Des blogs en 2005 ?. De Robert Musil: "Je vous jure que ni moi ni personne ne sait ce qu'est le vrai, mais je puis vous certifier qu'il est en passe de devenir réalité!". Mais d'abord qu'est-ce qu'un blog? La contraction de «weblog», carnet de bord sur le Net. Mis en ligne très régulièrement, vous pourriez contribuer et apporter votre point de vue à ces courts messages très libres qui flotteraient au fil de l'eau. Cela ressemblerait aux SMS que les gens s'adressent, ces messages sur portables qui permettent à des groupes de cinq, six personnes qui commencent à marcher dans la rue, et, quand ils arrivent au bout, ils sont dix milles. Bon, on essaiera ça dès le 1er janvier, mais c'est sous toute réserve que la technique suive. D'ailleurs, je vous parle trop hâtivement blog -ce mot me plaît c'est tout!- car cela peut être aussi autre chose... Se réapproprier des canaux et des terrains de la communication. On s'y emploie ici. On n'a que cinq minutes, je vous explique. Création du site web: 20 janvier 2000, 5 ans déjà ce site qui compte chaque mois plus de 15 000 pages lues. Elément important pour accroître notre notoriété, il fonctionne en parallèle à la radio si mignonne comme outil de communication propre, carrefour culturel singulier avec revue de presse, chronique. Comment envisage-t-on l'avenir? A désoler plus d'un à n'en faire qu'à notre idée. Le site -ce bateau, la radio -ce violon (création statutaire en juillet 1981!) et leur suivi sont entièrement bénévoles. Volontairement à la campagne. Pour l'un comme pour l'autre, il s'est construit de bric et de broc l'esprit coopératif par "liens communs", liens enchevêtrés confectionnés par plis et coutures en un projet global s'ouvrant aux activités multiples et souvent complémentaires -ce que d'aucuns appellent tristement le "travail en réseau". Des membres d'un Comité de rédaction informel -grand mot!- fonctionnent ainsi, la preuve par l'exemple, ces deux sites: perso.wanadoo.fr/lieux-dits avec ses notes de lectures, autres notes singulières, et rencontres diverses les yeux dans les yeux et le sourire de l'objectif de l'appareil photo numérique à hélices, et www.radio-universfm.com ravi qui se répondent, débattent, tissent et brodent au rythme des cliquetis un univers particulier, se renvoient la balle, tout en maintenant leurs différences internes semblables à des rideaux qui tremblent à la fenêtre, sur une plateforme éditoriale portée sur une bonne appréciation du présent et beaucoup d'inventivité et de chats à fouetter. Peut être en outre pendant que beaucoup d'autres pérorent dans le vide, cela sert-il à la communication de nos sentiments amicaux. Ce "nouveau" de chez ces natures de notre genre s'est établi autour du droit de résistance, droit médiéval, et du droit d'engagement comme "posture de principe". Et qui finalement dessine la carte des lieux où se fait notre histoire humaine avec le mouvement de l'époque et l'air Ille-et-Vilaine, le réel et le rail. Et que les bifurcations adviennent! En tournant la langue dix fois avant de dire qu'il fait beau, je poursuis dans l'auto-éloge, les comparatifs et superlatifs. Toujours relatifs. La pratique reste ici un acte autonome, un geste de production, une autoévolution qui suppose un engagement artistique, philosophique, politique, et une économie spécifique de la production et de la diffusion. Il s'agit d'une distance nette revendiquée, un écart sans tapage ni hargne vis à vis du marché local de l'info-com-tripatouillage avec sa cuisine et résidus et du domaine culturel valeur-vapeur avec macération et conserve; et une bande FM, telle une chaîne d'automates sur fréquences dentelées...qui sifflent, aboient ou brament ou hululent en un paradis formaté où s'exerce de plus en plus salement la domination capitaliste. Une pratique qui danse, la nôtre, marquée entièrement par l'esprit "amateur"au beau sens du rythme. Tant et tant que nous sommes à plein régime des éditeurs-artisans indépendants qui aiment ce qu'ils produisent quotidiennement à la sueur du front dans la plus large autonomie, tant en programmes radiophoniques, qu'en pages web dures et douces et peut être à venir d'autres objets médiatisés -nous y réfléchissons!. Toujours compris dans un rapport intensif incandescent entre les libertés singulières d'interrelations et d'organisation de la vie, et le commun fondamental qui a été au coeur de notre pratique élevée en fût de chêne depuis près de 25 ans. Nous apportons nous, au mieux comme levier, à qui en aura besoin, auditeurs-zappeurs et visiteurs-haletants du net, donc mettons en commun, ce que nos goûts dénichent. Un certaine idée du monde commun, accompagnée d'une relation à soi-même comme éthique, en sorte. Nous habitons pièce commune à pavés rouge que nous partageons avec Musil quand il explique que "l'habitant d'un pays a toujours au moins neuf caractères, un caractère professionnel, un caractère de classe, un caractère sexuel, un caractère national, un caractère politique, un caractère géographique, un caractère conscient, un inconscient et peut-être même encore un caractère privé. Il faut ajouter à cela un dixième caractère qui est celui d'une imagination active, d'un espace non rempli, un espace coloré qui peut être parfois hypertrophié dans le sens où il ressent une véritable difficulté à prendre au sérieux ce que font les autres caractères." Il ajoute plus loin:"ce dixième caractère est un espace invisible et vide dans lequel la réalité se dresse comme une petite ville de jeu de construction abandonné par l'imagination et qui laisse à l'homme toutes les libertés sauf une: celle de prendre au sérieux ce que font les neuf autres caractères." Tant que nous y sommes, de Musil encore:"la méfiance envers soi-même, envers son propre destin, y avait pris le caractère d'une profonde assurance." Et Jacques Bouveresse ajoute:"C'est une attitude qui s'exprime concrètement par ce qu'on pourrait appeler une certaine fermeté dans l'indépendance, une suspicion systématique à l'égard des grandes idées et des grands desseins (tout au moins, lorsqu'ils ont la prétention d'être pris au sérieux et même de commencer à se réaliser) et une sorte de religion du train-train et de la simple expédition des affaires courantes." En douce, pour le premier blog, en voici la primeur: "Et moi, et moi, qu'est-ce que je fais dans tout ça? Je suis sûr que cette question en taraude plus d'un. Pas facile de se dire: je vis et ça m'occupe beaucoup!. Pourtant est-ce aussi simple que le dit Wittgenstein "Lorsqu'on ne s'efforce pas d'exprimer l'inexprimable, alors rien ne se perd. L'inexprimable est contenu -inexprimablement- dans ce qui est exprimé!". DD |
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