Les divers discours entendus nous font revenir à la France de Pétain et aux critiques qui à l'époque étaient les mêmes vis à vis des conquêtes sociales du Front Populaire en particulier les premiers congés payés. A l'époque la défaite était selon les forces réactionnaires dues à l'esprit de jouissance du Front Populaire qui avait dévalorisé le travail. Aujourd'hui selon les mêmes forces réactionnaires le déficit budgétaire grandissant et la mauvaise santé économique seraient dus aux 35 heures, à la dévalorisation du travail et à tous les acquis sociaux et outils de redistribution acquis par la lutte des travailleurs. Est-ce l'éternel retour ? C'est les Autrichiens qui doivent être contents, eux qui ferment leurs frontières aux immigrés. Immigré autrichien lui-même il y a peu, Monsieur Univers-Schwarzenegger a, dès la proclamation des résultats, annoncé la couleur "Je veux représenter tout le monde. Ensemble nous allons faire de grandes choses et faire de cet état le plus grand Etat du monde" sous un tonnerre d'applaudissements. Si "le spectacle est le capital à un tel degré d'accumulation qu'il devient image" comme le dit Guy Debord dans La Société du spectacle, les professionnels du spectacle et de la communication tendent logiquement à devenir les mieux placés. Voir le communicant de Matignon ! Alors, alors il va falloir lire et relire Georges Orwell, l'auteur du fameux 1984, le lire à la lumière de "l'envie d'acheter" comme mode de vie et culture à part entière d'aujourd'hui. A la lumière de l'impact des publicités de marques qui sont de vraies nouvelles propagandes sur les jeunes consciences. A la lumière de l'impact de la nécessité d'innover à tout prix et de remettre perpétuellement en question son mode de vie selon le mot d'ordre "savoir s'adapter", afin de répondre aux sollicitations incessantes de l'économie divinisée-idéologie et/ou croyance qui a exclu en son centre, l'humain, la vie. A la lumière de cette nouvelle ère pour comportements no-futurs, téléguidés et sans limite, qui glorifie le vivre égocentré au jour le jour, l'évènement télé et l'enrichissement perso au dépens de ses semblables. A la lumière enfin du quadrillage des nouvelles technologies de l'information-communication qui s'adossent au marché colossal ouvert par ce désir sécuritaire tonitruant du "pas d'emmerde", du "pas de place au hasard qui autrefois faisait bien les choses", de "la peur de tout ce qui bouge et/ou pétarade" scandée par flash d'infos publicitaires multi-quotidiens. A la lumière de la politique Sharonienne qui sert de modèle "la fin justifie les moyens". Il en découlera cette question à rallonge: comment pourra-t-on être dans le jeu et s'en extraire et comment pourra-t-on échapper au pouvoir totalitaire des 10% d'hyperactifs. 10% d'hyperactifs à flux tendus, froids et cyniques, absents de toute manière bienveillante d'être, dénués de tout sens intuitif de la réciprocité, sans temps "trop compté" à perdre en écoute de l'autre, à la parole adaptable au gré des situations usant de la ré-actualisation du vocabulaire pour le recyclage des vieilles pensées dominantes, à l'égo équipé d'un parapluie juridique sur-mesure, qui seuls au final feront marcher économiquement cette société rationnelle, libérale et "moderne" parce qu'ils ont été formatés et programmés pour ça, mais trop minoritaire cette élite dirigeante devra favoriser partout directement l'élection d'un pantin ou d'une marionnette capable d'amuser plus des 40% restants, les gogos branchés télé-distraction. Face à cela, comment finissent les rebelles ? Je viens de lire dans Le Monde que Régis Debray vient d'être nommé par De Villepin président d'une commission de réflexion sur Haïti. Donc, sur un pays d'Amérique latine et des Caraïbes. Il devient ainsi conseiller diplomatique du gouvernement chiraquien. Etonnant, non ? Lui qui fut jadis compagnon du Che, conseiller d'Allende et de Mitterrand, ce républicain archi-rigoureux viendra par ailleurs recevoir à Combourg le 25 de ce mois le prix décerné par un journal régional "Le nouvel ouest" dont personne ne sait comment il se finance, voire même, si l'on se fie au réseau Voltaire, par un soutien financier de l'Opus Deï. Que Debray vienne dans le sanctuaire d'un contre-révolutionnaire passéiste comme Chateaubriand, pour y être célébré grace à un ouvrage sur Dieu, si la scène vue côté réac peut signifier une capitulation en rase campagne d'un ancien théoricien de la guérilléra rurale (Révolution dans la Révolution) qui avait payé de sa personne en Bolivie, cela nous ébranle donc quand même un peu... Pour le style
romantique "Chateaubriand-Malraux", il y a quelques
ressemblances. Une part d'écrivain, une part de politique,
une part d'engagé, une part d'éminence grise, une
part de désillusion, une part enfin de recherche de
reconnaissance. Depuis, Debray s'en est allé rencontrer le
génie du christianisme et réapparaît ainsi au
grand jour sur la scène intellectuelle. Tout paraît
contradictoire chez Debray, et c'est bien le trait commun qu'il
partage avec ses prédécesseurs. Il donnera
une conférence dans la salle de conf. du
lycée , le samedi 25 octobre à 15
heures :
le prix Chateaubriand lui aura été remis le matin
même au chatiiiiau par madame la comtesse de la tour du pin verclause…pour son livre « Dieu :
un itinéraire ». ! Dire que j'en connais une qui a encore en tête « la neige brûle » tout premier roman écrit après la mort de Che Guevara..., un p’tit brin de la grisaille ambiante lui titille l’âme !
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