Sarkophage.                                                                          N°281

Bonnes vacances quand même! Il y a quelque chose d'irréel cet été. D'abord il pleut pas mal, ainsi j'ai seulement dénombré trois belles journées de ciel bleu depuis que je suis en congé, soit depuis le feu d'artifice du 14 juillet. C'est bien peu pour accomplir mes travaux de peinture prévus pour mai puis reportés à l'été en raison des conditions anti-cycloniques ou d'un truc comme ça qu'a causé la pluie. Grattage, rebouchage, époussetage, peinture pour première couche, re-grattage, re-époussetage, et peinture de deuxième couche, mais dès l'apparition du pinceau et de ma boîte de couleur ça se mettait à flotter!

Attendre que la lumière tombe du ciel, dur été ! Ainsi c'est devenu un réflexe pictural, je jette d'abord un coup d'oeil en l'air, "à l'assaut du ciel" comme un cul de jatte questionnant les nuages. Vaines spéculations sur le dessus des branchages, à défaut d'être sur le comment dérouiller le mécanisme climatique (dans le cas seulement de nuages devenus rouages!). J'aime ce qui est mouvement, je vois bien qu'ils le savent. Mais quand on se ballade dessous un petit coin de ciel sans eux même furtif m'irait mieux, un havre bleu bleu à portée de main pour repeindre mes fenêtres blanches en blanc sans crainte.

Englobé dans cette longue partie de cache-cache avec ce soleil d'apparence intermittent que la saison incomplètement dégrippée nous apporte, qui s'allume s'éteint, arrive repart, ça altère son état de calme, d'aisance et d'inconscience quand même. Bon, tout cela est plutôt simplet car convenons quand même d'une chose: qui possède des souvenirs d'enfance d'un pareil été?...personne visiblement! Reprenons alors notre souffle et tâchons d'y voir clair: sachons en apprécier la rareté sans gravité (la rareté étant le concept fondamental de l'économie n'est-pas?). Voici en résumé ma sincère, sage et courageuse contribution aux propos de circonstance à dire et à entendre. L'état permanent du sage est la joie (et la semi-conscience), quoi qu'il advienne.

Les seuls qu'exultent cet été ce sont les élus de la droite encore et encore. Faut dire que la loi sur le service minimum est pour eux une préparation à l'attaque. D'ailleurs Le Pen se déclare satisfait de ce début de mandat présidentiel, ça en dit long sur ce que va être la suite question revanche sociale. La révolution conservatrice s'apprête à déferler sur le pays, contre la philosophie, la culture et la politique françaises. La France sous Sarkophage: une régression dans l'acquiescement et la servilité qui ne peut que nous effrayer et nous révulser. Il paraîtrait que la majorité des gens cautionne tout ça. Je ne sais pas.

Défiant l'été, dans un premier temps, saluons au moins la naissance d'un journal du même nom. Je vous en fais part à mon tour quasiment en "temps réel" après qu'un ami généreusement efficace, m'ayant invité à apprécier les belles fèves de son jardin cuisinées à sa sauce, me l'ait présenté et fait connaître. Un "antidote" comme le sera le "30e Hestejada de Las Arts d'Uzeste Musical" qui a pour nom cet été: "Service minimum" Drôle d'été de la compagnie Lubat!

D.D

Message reçu le 09.08.07 à 18h25:

… « qui possède des souvenirs d’enfance d’un pareil été ?...personne visiblement »

Et vous aurez beau chercher monsieur, vous ne trouverez pas de souvenirs aussi mouillés pour la bonne raison que les gosses s’en foutent de la pluie ou du soleil…ça ne les empêche pas de courir dans les chemins sous la pluie battante, d’offrir leur visage à la flotte en hurlant de rire, de patiner dans la bouillasse, et même, si vraiment il pleut trop fort il y a toujours la cabane secrète dans laquelle, très vite, ça va sentir l’odeur de chien mouillé…alors recommencez votre sondage et demandez aux gens : « avez-vous des souvenirs de chien mouillé ? » uhmmmmmmm, bonheur !

 

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