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Crime. N°380 Quand tout n’est pas perdu. La toile, quelle invention ! Ainsi rend-elle possible de revisiter le passé, et ses faits en sommeil, voire enfouis, oubliés. Ou ignorés volontairement. Ou bien encore si simplement par manque de transmission. Toujours est-il que ces faits resteraient vivaces en soi, en son intériorité inaccessible comme le diraient peut être certains spécialistes de cette question. Il y a donc peu de temps de cela, Evelyne notre Vice-Présidente, apprend que son arrière-grand mère fut assassinée. Abattue d’un coup de fusil de chasse tiré par son voisin. La raison ? Des poules qui passaient sur son terrain, ça le gênait. La nouvelle est surprenante, elle appelle des questions...émues. Mais comment remonter le temps de cette triste histoire sans indice? L’opération de recherche se révèle foncièrement obscure pour approcher un moment de vie fuyante. D’autant qu’il est possible que les générations qui ont suivi se soient employées volontairement ou pas à nier l’événement trop lourd à supporter. Cet assassinat a laissé deux filles et trois fils orphelins de père et de mère -elle était veuve. Devoir de savoir comment tout à basculer. Passage à la mairie de Saint Pierre de Plesguen, commune où résidait la victime. Consultation des registres. Peu de résultat horsmis la date du décès et son nom de jeune fille. Puis la question fut posée aux archives départementales: pas assez de renseignements précis pour engager une recherche. Alors restait la recherche par soi-même. En toute logique, qui dit crime dit fait divers ! Donc presse ! Celle de l’époque c’était Ouest-Eclair. Comment consulter ses archives ? A la Bibliothèque Nationale de France. C’est-à-dire en allant consulter son site internet : Gallica. L’Ouest-Eclair- année 1907, commune de Saint Pierre de Plesguen. Résultat immédiat, sur le numéro daté du 22/04/1907, un article s’énonce ainsi « Un drame au village – A la Ville-ès-Nez, en Saint Pierre de Plesguen, un tailleur de pierres tue sa voisine d’un coup de fusil.-Pour une poule !» Lire l’article. Je laisse de côté ici tout le drame immense qu’a éprouvé la famille. Mais cette affaire enfouie, refoulée, intériorisée depuis des lustres qui en surgissant d’une conversation devient énigme, apparaît élucidable de nos jours grâce à quelques clics et à une bonne détermination. Car s’agissait-il de reconstruire une information dont la famille avait perdu toute trace alors que, à n’en pas douter, nombre d’effets directs ou indirects redoutables sur la vie des descendants furent perçus inconsciemment à partir de cet homicide. D.D |
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