Où sont les ringards ?

Régression du progrès social. L'école, c'est la première marche vers la socialisation et les connaissances. En terme de socialisation, c'est le social ou la répression qu'on propose aux mômes en difficulté, en échec. Que vise-t-on ?

Une vision comptable, étroite, s'emploie à travers tout un système à économiser sur la socialisation et sur les connaissances indispensables pour que la personne soit autonome et devienne debout un jour . La vision comptable calculette à la main, c'est pour l'enseignement public . L'irresponsabilité gestionnaire et politique de cette vision comptable calculette à la main c'est Kerlann, cité universitaire privée construite par détournement des deniers publics du Conseil Général d'Ille et Vilaine . C'est Kerlann que Chirac visite !

La société, ou plutôt ses lobbys, et les politiques ont choisi d'investir dans la sécurité, les gilets pare-balles de nos gendarmes et le financement de Diwan .Pour l'élite fraîchement arrogante ....

Est-ce ringard de le dire ? Mais ringardise n'est pas forcément là où les détracteurs croient qu'elle est. Chacun parle/pense dans et par le monde social-historique qui l'a fabriqué. Et il est aussi, en un sens, ce à quoi il veut avoir accès. Pour cela, il s'agit d'une transformation du sujet, du gosse, du petit de l'homme. Mais quelle transformation? Dans ce monde social-historique, ces questions sont réduites à celles de la fin et des moyens. Les moyens y deviennent, irrésistiblement technique et budgétaire. Et la fin ? Est-ce de répondre aux exigences de la société telle qu'elle est ? Exclusivement, rigoureusement, absolument. Une simple activité d'adaptation d'un sujet à cette société-ci? Société qui par ailleurs se décompose de l'intérieur...

Mais avec ses gamins paumés dans la société, qu'est-ce qu'on cherche? Qu'ils se logent devant la télé, dociles, inertes . D'abord qui a eu cette idée de faire une télé? Pour regarder des conneries et vivre chacun pour soi en piétinant les autres. Quel Progrès? Au début d'accord. Mais maintenant ce qu'elle est devenue révèle un inversement de toute notion de progrès social . Or la télé est devenue la clé de la socialisation de masse: M6 et TF1 éduquent les tout-petits dans les quartiers populaires! . Pas dans les bonnes familles, je sais. Mais les bonnes familles elles ont la bonne conscience, partout. Quelque soit le sujet, le thème,...partout elles savent tout ! Partout. Qu'ils se logent devant leur console vidéo pour créer avec des capitaux virtuels des villes virtuelles qu'ils bombardent (virtuellement? Pas sûr!). Pas dans les bonnes familles, je sais, dans les bonnes familles on est inscrit à des tas de super-activités-Z-éducatives.

C'est le règne généralisé du n'importe quoi: quand les responsables académiques calculette à la main suppriment toute possibilité à l'enfant de travailler en groupe, groupe dans lequel il pouvait vaincre sa timidité, trouver dans l'adulte autre chose qu'un enseignant, de parler petit à petit en confiance, et ressortir de la classe sans ce sentiment d'étouffement qui lui fait tabasser un copain qui le regarde "bizarrement", de qui se moque-t-on ? Quand le président des parents d'élèves, de type bonne famille, investit la classe, sa calculette de comptable à la main, pour prouver à l'enseignant que "mais si, c'est possible 30 enfants dans une classe..." mais de qui se moque-t-on ? Par les lois de décentralisation, les élus locaux seront de plus en plus impliqués dans leurs "écoles". Et dans le projet pédagogique. Imaginons un instant des élus "Chasse-Pêche-Tradition", mouvement surfant sur une vague ascendante dans nos campagnes, investis dans les projets pédagogiques des écoles de campagne? Ne serait-ce qu'une ânerie malfaisante ce que je suis en train de vous dire ? Non. Les textes sont prêts, les écoles privées aussi...Situation funeste, certes-mais qui, ici encore, n'est pas un destin.

C'est quoi ces années 50 de retour? Rectificatif; Trop facile de mettre sur le compte du gouvernement la régression dans l'enseignement: l'enseignement crève de lui-même, corps gigantesque, cloisonné, mutilé par des vagues de réformes avortées, névrosé... Il meurt de sa certitude de détenir Le savoir et de sa paresse à inventer, de son ennui, de sa tristesse ... Il meurt de son manque d'amour de l'Enfant, et donc, de sa peur de l'Enfant, de son imaginaire, de ses rires et de ses écorchures aux genoux...Il meurt tout simplement.

 

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