Or comme disait Plotin.

D'Aristote: "La liberté de l'homme n'a pas partie liée avec la contingence, mais au contraire si oppose", ce qui veut dire que l'homme libre ne peut se laisser balloter par les événements mais que la liberté et la perfection se mesurent à la détermination plus ou moins grande de ce qu'il fait. Il existe donc une exigence de la situation. Sans garantie d'en connaître jamais le résultat.

Voilà c'est dit et ça vient répondre à cette question qui m'a interpellé:"Je ne comprends pas, est-ce le même celui qui milite syndicalement et celui qui chronique ici à tout va?". Réponse: "y a pas de contradiction!".

Mais cohérence. "Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies" (Montaigne. Essais I). Bon, un peu bateau comme phrase, mais ça repose, ça repose de quoi? je ne sais pas au juste, disons des concepts socio et politico. De toutes façons, quand j'entends, sans aller plus loin "le peuple est un concept..." moi, ça m'emmerde. Cette formule groupuscularde me vient d'une connaissance sympathique flétrie de bonnes intentions qui, en se défilant mardi à l'issu du défilé, m'a vrillé littéralement comme un pied de vigne: "le peuple est un concept politique, non un concept sociologique". Ah! discours beau discours quand tu me noies.

J'en reviens à mes bouchons. Il existe donc une exigence de la situation. L'originalité de celle-ci est la suivante: la mal nommée démocratie contemporaine, ou doxocratie, fonctionne sans la volonté générale, celle-ci étant remplacée par les préoccupations de l'homme de la rue dans ce qu'il a de non-public, le privé. Je cite Redeker. Et ce que j'ai eu à observer lors de mon mandat d'élu local c'est chez le "contribuable-habitant-usager-citoyen intermittent" la fermeture de tout horizon, un bouclage autour de sa seule vie. Qui est animé par l'insupportabilité de la mort. Tout est du coup organisé en fonction de la mort pour mieux en effacer sa présence. Fausse piste, s'y embourber nous pend au nez, s'y opposer c'est déjà un peu marquer un coup d'arrêt à une droite très dure, si dure et méprisante.

Or comme disait Plotin: "Il n'y a pas de point où l'on puisse fixer ses propres limites de manière à dire: jusqu'ici, c'est moi." Car on n'a jamais si profondément l'impression d'être soi-même que quand nous nous oublions en tant que "moi".

Maintenant et toutefois pour savoir ce qui se passe en "moi" de plus singulier, j'éclaire ce qui s'y cache. Quand à un moment précis de ma vie je fus secoué par des forces contraires cinglantes, un collègue syndicaliste que je ne connaissais qu'à peine s'est autant senti concerné que moi alors que je n'étais pas syndiqué chez lui, ni ailleurs, ni que j'ai eu auprès de lui à solliciter la moindre solidarité ayant décidé alors de me défendre seul face à des murs avec la fermeté de ma voix forte, sa griffe. Au final, son aide s'est donc avérée inutile. Apparemment. Apparemment inutile, mais comment l'estimer réellement ainsi? Ce qui est sûr c'est que notre exigence et notre détermination ont modifié la donne et même dans un second temps créé une situation nouvelle. Il ne fut pas le seul, des amis proches aussi se sont employés à dénouer d'autres noeuds par le biais d'une combinaison de relations de gens de connaissance.

Précision. Au plus intense de ma vie politique, citoyenne, et professionnelle, la morbidité de la droite politique locale qui combattait en vain mes projets d'urbanisme rompant avec les égoïsmes locaux a eu l'audace de m'attaquer directement sur le plan professionnel par une pression de six ans sur ma direction départementale et la préfecture, allant même jusqu'à un essai auprès du ministre de l'époque avec réponse écrite de celui-ci (acte partial dégoûtant pour un ministre de la République en exercice!) rendue publique par marmonnements incompréhensibles délivrés en séance du conseil municipal par l'un des cloportes élus. Ainsi dans l'ombre, l'un après l'autre, plusieurs hauts élus départementaux et plus encore du même bord s'étaient jetés à l'attaque, une horde bête et branlante à l'assaut de la gorge de quelqu'un. La mienne. En vain toujours.

Mais quand le coup de marteau s'en prend à la tête qui dépasse, il n'y a pas pléthore de renforts activement impliqués. Et je pense à ce jaillissement nerveux du camarade Gilbert et de mes amis ayant senti l'exigence de la situation. Moralité: il se flaire les affinités à plein nez entre hommes libres.

 D.D

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