"L'histoire c'est que...". Et je me régale encore de ce qui surgit de l'imprévu. Une librairie qui n'ouvre pas à l'heure qui oblige à divaguer dans un patelin, puis compte tenu des coups de boutoirs du soleil de plomb à pousser la porte entrebâillée d'une église fraîche qui sentait bon la débandade de parfums des fleurs éparpillées au sol, d'y apprendre qu'un pape français y était enterré depuis 1308, qu'il connut bien des déboires depuis puisqu'il fut déterré par les huguenots pendant les guerres de religion, que ses ossements furent éparpillés, disparus, puis remis en tombeau après qu'une délégation d'experts patentés ait retrouvé des ossements d'un homme d'1 m70 environ pouvant être attribués à Clément V, pape occitan. Suite à cette présentation précise des emplacements où furent enfouis les éléments matériels attestant officiellement de l'existence quelque part très loin sous terre du Saint personnage vénéré des cornettes, la libraire de la Maison de la mémoire en marche étant toujours absente, sous les assauts du brasier qui tanne les hauts platanes, nous avons mis le cap sur un pot ou deux à l'Estaminet proche dans lequel trône le pape transartistique gascon qui, pour notre claire sympathie, nous a fort aimablement reçu à sa table qui se dresse en un éclair sur le trottoir communal dès que le ciel gronde. A la maison musicale du média libre Lubat, on y capte la fraîcheur à l'arrivée des vents d'orage. Sitôt sorti je croise un camion livreur blanchi à la chaux portant l'appellation "D.D avis de tempête" et là je suis halluciné. Atypiques ces nobles moments. Précisément en cohérence avec l'objet de ce déplacement en Gasconhia: le festival des Nuits Atypiques de Langon. Dites Langoon comme le chanteur sexy-boule d'Emir Kusturica and No smoking Orchestra. Si je vous dis qu'après avoir tourné comme des toupies aux rythmes de la Mahala Raï Banda, fanfare claironnante et bondissante animée par un second sexy-boule ardent, puis bercés par Flor de amor de la diva Omara Portuondo nous dormions dans un grenier-pigeonnier haut comme une canadienne d'un hôtel où la gentile tenancière traînant de l'aile mûre comme un coing voulait nous convier à sa spécialité pour routards: le magret aux pêches...Puis comme sur ce sol des Graves et Sauternes se consacrer aussi à la pêche aux crus fut à notre portée, atypique en sera à son tour la tournée des vignobles puisqu'elle débouchera à l'ombre de l'azur de feu chez un gentilhomme artisan confiturier saisi sur-le-champ, réquisitionné comme au temps du STO, qui nous a cuisiné par petites quantités de fruits savoureux à flammes nues le récit détaillé de sa vie et de son oeuvre aux saveurs d'antan. De cette tournée d'un week end en explorateurs volants dotés de paire de bottes de sept lieues, l'ombre avec nous quand on va au soleil, en voici l'écho et l'image reflétante. Tout semble sortir tout droit d'un film de Kusturica justement, chat blanc-chat noir. Ou encore d'un arc-en-ciel, de magies religieuses balkaniques, d'un fou chant. Du grand bonheur !. On n'est jamais assez précis. Que bientôt emporte le vent. DD |
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