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Dribblé. N°289 "La chronique est un article de presse consacré à un domaine particulier de l'actualité" (wikipedia). Jouant à la balle avec les mots, parfois dans un style dribblé, ici s'écrit "un domaine particulier de l'actualité": je tâte le monde! Je m'explique. Coup de langue. "L'histoire c'est que..."quelque fois, l'on peut rester sans sujet, réfractaire à tout agencement, loin de la concision ou la prolixité, bien qu'informée et pertinente, la défaillance se traduit alors par: que dire et quoi penser? Mais la mission du chroniqueur est claire: être là où on est. Et attendre, soucieux. Ces événements futurs, ils existent déjà! je le sens. Ils sont là dehors. D'abord je tiens à corriger une ânerie. J'avais lu un jour que c'était Rabelais qui avait inventé l'art de la chronique...erreur que je rectifie, il s'agit de Jehan Froissart, en 1337...et on apprend aussi qu'il s'est trouvé à un mariage avec Plutarque...il a assisté à la mort de Duguesclin...au siège de Rennes au temps des Jacqueries. Il est dans le coup des bourgeois de Calais...il y est question de Binche, comme la variété de patate du même nom. Cette patate-là est surtout bonne pour faire de la soupe, mais là c'est moi qui rajoute! Etaient-elles anxiogènes les siennes? Pas les patates, les chroniques? Car dans l'information ce qui compte pour être lu, apprécié, reconnu, considéré, pris au sérieux, c'est de foutre la trouille. Car en général à quoi donc sert-elle l'information sinon qu'à maintenir le groupe, à faire société, bref à être unis dans une même peur. Ou une même douleur. Domestication. Une sorte d’hypnose collective. Qui paralyse. Vieille hypnose de signaux (les mots) qui secouent, sonnent comme des cloches, figent, montrent les dents. Rien de tel que des informations bien corsées, de dépêches bien pêchues, des édito détonnants, des rubriques qui cassent des briques, des flashs qui vont au clash, des chroniques qui n...ta mère, etc...Et même se déterrent les os des morts... Exemple. Exercice. Prendre un journal et commencer à souligner les mots qui angoissent. Essai avec ce que j'ai sous la main pour éplucher mes patates, Ouest France de samedi: police / urgence / décédé dans le tragique accident de voiture / jurés escortés / mort accidentelle / acharnement / protection policière / travailler plus / employeur manque à gagner / périls / échecs / fléau / suivi très serré / le prix à payer / prison / sécurité / incendie / mort / intoxiqués / détruit / violent orage / inondé / chiens dangereux / dramatique / attaqués / mordus / agressé / blessures / euthanasiés / tolérance zéro / répressif / coup de couteau / contrôle judiciaire / victimes / attentats / bouteille de gaz bourrée de clous / mouvances / condamné à mort / coupable / héros empoisonné / barrage / réprimé / réduit au silence / affrontement / force de l'ordre / junte militaire / tuer les gens / souffre / peur des représailles / etc...J'arrête là et je n'en suis qu'à la troisième page à peine. Pour cuisiner de l'info, il convient de brasser ces mots-os d'une manière un jour, d'une autre le lendemain, et ainsi de suite. Accommoder le tout en y mettant de la patate, ou similaire, et un liant, une sauce à vous, et servir chaud. Les os donnent le goût. Le goût de champ de bataille intérieur. En plus, en jouant avec les émotions, c'est bon à vendre comme une évidence telle ou telle idée qui peut masquer après tout d’autres formes d’intervention et des ambitions inavouables... Et bien, à tout prendre j'opte sans hésitation en faveur d'un "domaine particulier de l'actualité": fermant les yeux et sentant le vent, je tâte le monde un peu à la façon selon laquelle je le lis sur le site "lieux-dits": "La poésie, c'est une huitième couleur, la couleur des nuits et celle du temps, un peu de poussière mélangée à du bleu, les miettes de l'origine, l'or et la boue. C'est fait quelquefois avec des débris (de phrases), des rognures, des bouts d'écorce, du charbon, de la pâte. Aussi avec de la joie, de l'insulte et de la suavité." (Lionel Ray).. D.D |
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