Comment en rire?

"Pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible: c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible."

Ce n'est le dieu de personne celui qui a avoué. Seulement le pdg de TF1 en chasuble de pénitent le temps de cette déclaration, qui n'est là malgré tout, et quoiqu'on en pense que pour nous faire partager la vie des êtres que nous aimons et des autres. Et si l'envie mauvaise vous prend saisi par le caractère "monstrueux" des pouvoirs médiatiques, inféodés aux multinationales et prêts à asservir des cerveaux devenus entièrement passifs, à voir ces belles proies à la recherche des conditions d'aveuglement volontaire et à la paralysie sociale qui en résulte, de vous dire que les choses sont ainsi. Et que rien n'oblige à vous convertir à la petite religion que voici. De sortir d'aller voir un peu si le pathétique n'est plus émouvant.

Quitte à ce que la proie voit dans ces émissions ou journaux d'info lui révèle sa propre impuissance, c'est ce qu'elle cherche. Quitte à en gémir. C'est ce que la proie cherche. Puisque ce qui est filmé propage sa propre impuissance et son propre esclavage. C'est ce qui passe sans doute chez les morts quand ils voguent vivant encore.

En conséquence chacun ne sait même plus se rencontrer soi-même, se perd. C'est ce que l'encoconné cherche. Seules alors ces pubs de marques apportent réconfort, paix et certitude. Face à la brutalité du réel, face à l'insécurité tangible du monde, à l'éphémère, au fugitif de la vie, quand tout idéalisme a disparu, seul réconfort: la camelotte! Comme valeur transcendante, dans la domestication la belle valeur refuge! Avec un soupir de satisfaction. Ainsi ne s'entendent les sonnettes du désarroi. Autrefois, le soir entre deux prières, et quelque christ pendus aux murs, cela regardait le feu.

C'est bien pourquoi le bois m'est ami. Comment en rire?

Auto-endiguer, c'est résister. Wittgenstein parlait de "la lutte contre l'ensorcellement de notre entendement par les moyens de notre langage". Car le problème c'est qu'il se fabrique là le langage.

Moi, pour vous dire franchement, de la télé je m'en fous c'est la zapette qui m'énerve le plus. Dès que j'en saisi une à portée de main je la happe. Hop! dans la poche. Une fois sortie c'est comme avec une raquette, je n'y peux rien, et hop! c'est bien plus fort que moi, je pousse le son, je mets la gomme, je pratique la guerre d'embuscade. Normal, cette bizarrerie n'est pas une mouillette à tremper quand même! Songeons-y.

  lDD

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