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Heure. N°293 Changement d'heure. Ecoute l'heure, la nouvelle heure, déginguandée qui s'égoutte. Ne la laisse-pas aux serviteurs du commerce, de l'ennui, de la production, de l'utilité. Du mouvement des machines, du temps chrono mondialisé. Cette heure, sans t'écouter, elle glisse. Voici, à cette heure-ci, en partage, ce que je viens d'entendre d'une personne de connaissance: "Oh! pour guérir des maladies comme ça, que tu ailles à Tizouzou ou à Marseille, le résultat c'est pareil!" Dit ainsi, ça beau être grave ça fait rire quand même, et c'est mignon comme tout. Et puis aussi ce que j'écoute en rédigeant ces lignes: "Seven Gypsy Nights" de Tchavolo Schmitt. Une étiquette collée sur l'emballage du CD portait cette phrase de Tony Gatlif: "La main de Tchavolo qui court sur le manche...on dirait un oiseau qui s'envole". J'aime quand il becquette les cordes, quand il s'y polit le bec. Bref, à cette heure tombée de la nuit, à cette heure-ci, j'ai envie d'être à l'écoute du temps. Vibrant. Sans utilité. Sans motif. Cela permet de s'observer comme un lieu d’accueil de toutes les impressions provenant du monde. De s'observer comme celui qui donne lieu au « je » qui écoute par l’oreille. De s'observer à l'oreille -les yeux gonflent vite- simplement comme si l'ordinaire n'existait plus. Sensible à un système de sons qui va guidant. J'ai pris cette semaine un peu de congés, de temps s'entend...Où l'écoute épure. A cette heure-ci, ce conseil: pas maîtriser son temps. Le laisser prendre tout le temps qu'il pense. Afin qu'il écoute ce que la graine contient, la consistance du monde. Obligation: faire plier le temps-emploi du temps, cette répétition immuable du temps de la servitude, se tenir dans une durée différente de la durée imposée par la loi du monde. Pour saisir celui de l'événement, je pressens qu'encore il coule. D.D |
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