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A l'ombre de la guerre. Ici. Ecoutons cette voix: " Comme chaque nuit depuis un mois, c'était une nuit chargée d'horreur et de barbarie. Révolu était le bon vieux temps de nuits de fête, nuits de secrets croustillants et doux murmures. Les raids nocturnes intenses ne laissaient aucune seconde de répit. Même le calme précaire entre deux bombardements était lourd d'appréhension. Les avions s'introduisaient sournoisement, insidieusement, subrepticement. Et la tempête tonnait d'un coup. Sans s'annoncer (...). Òtre seul n'offrait plus la quiétude et la sécurité. Les membres de la famille partageaient le toit, le peu d'eau, la lumière parcimonieuse et la grande peur (...). Quiconque possédait une maison retirée du cour de la ville devenait l'hôte d'un abri familial improvisé. C'est ainsi que les deux jeunes amants vinrent s'installer dans la maison refuge. Ils joignirent le clan, fuyant la solitude et en quête d'un destin unique : émigrer ensemble, s'évader ensemble ou mourir ensemble (...). Une autre détonation, beaucoup plus puissante, assourdit les jeunes amants. L'impact à quelques encablures de là, s'enfonça dans le ventre de la terre. Un silence suivit, qui leur sembla plus long que sa durée réelle. Ils purent se détendre, main dans la main, ils continuèrent à écouter la mort se déverser (...)." Ce texte est extrait d'une nouvelle de May Mudhaffar, les Amants, reproduit dans Paroles d'Irakiennes.

Tôt ou tard, les dirigeants américains, auront à répondre de leurs crimes contre l’Humanité devant la Cour Pénale Internationale . Les bombardements à l’uranium appauvri , appelé  Uranium 238, en violation du droit international, dont les résidus mettront 4 milliards et demi d’années pour s’éteindre, comme l’embargo génocidaire sur les médicaments visant la jeunesse irakienne –près de deux millions de morts, comme l’utilisation des pantins Saddham et Ben Laden pour affoler les nations et justifier les dominations, les asphyxies des peuples, les mensonges, ainsi que  les corruptions organisés par la CIA et le Pentagone. Ces armées secrètes qui échappent à tout contrôle, rappelleront à tous, au vu du front mondial contre la guerre et de l'animosité de plus en plus importante des populations civiles face à leur politique internationale, la nécessité de juger ces dirigeants US pour ces faits. Et pour d'autres...à venir. Circonstances aggravantes : leur refus de signer tous les traités internationaux en faveur des générations futures .

L'air du temps. La justice et la démocratie semblent être rabaissées au seul rang de justifications démagogiques pour les interventions militaires. Le fossé entre les riches et les pauvres est la vraie frontière de notre temps. Et bien que pratiquement tout le monde ait pris conscience de la détérioration du patrimoine commun de l'humanité, on y contribue de plus belle. Les "Sans-terre", les "Sans-papiers", les "Sans-abris", les "Sans-emploi" essaient de se montrer au grand jour. Ils seront renvoyés sans scrupules dans la nuit du "non-droit". Ils sont pourtant devenus une composante permanente du modèle économique dominant. Dans un monde qui nie à ce point la réalité, il ne faut pas s'étonner de l'avènement de fanatismes religieux ou nationalistes. Au contraire, on dirait qu'ils tombent à pic pour justifier les nouvelles croisades des pays riches.

Dans le Monde de mercredi, Kofi Annan a cru bon d’appeler à ne pas "oublier que la crise en Irak n'existe pas dans le vide". Ce qui est proprement stupéfiant. Plus personne ne doute ainsi que les dirigeants américains, anglais et espagnols sont dans le virtuel, grisés par l'émergence d'un pouvoir théologico-politique belliqueux, martial, doté d’une puissance de rejet de l'autre. Combien de Sharon ?

Déblayer le foisonnement des infos. Prendre l'air. Ici. S'éclairer par le soleil. Le temps à retrouver. Même les vaches semblent déboussolées.

Voyez, je bêche la tête entre les flashs d’actualité, butinant l’info tout azimuth, emporté comme chacun dans cette spirale vertigineuse d’avant-guerre… Ivre d’infos, je me cogne aux arbres. Le jardinage anodin? une permanence des choses.

Bien sûr, par les temps qui courent, c’est dérisoire. Mais, en accord avec la vie, c'est le mouvement continu, une fluidité, et ça colmate quand même ce sentiment d’impuissance devant la guerre.

Arc-bouté sur ma bêche, subitement je me rêve plutôt animal. Fasciné par ce jeune bourdon tout rond de mars, fraîchement sorti de l’hiver. Par ce gars, cet ami paisible et marrant , insecte suceur-lècheur ivre de vie.  Bourré comme un coing après avoir picolé la journée entière du nectar de Crocus, et s’être chargé comme une mule de pollen d’étamines, il s’en va butant de fleur en fleur, tout plein de plénitude. Tantôt égrené en vibrations, tantôt emporté dans une spirale vertigineuse, heureux de bonheur à se régaler de la vie. Un modèle ce gars plein d'abandon, près de moi qui butine le bonheur…J’ai plein d’espoir dans l’Humanité quand je la vois ainsi .

De la lune à la terre, hors les murs souhaitons qu'il se passe dans l'atmosphère, quelque chose d'imprévisible, croyons à la paix !

 

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